Une entaille dans mon coeur. Besoin d'écrire, donc très gros pavé ~30 min de lecture

Vos témoignages d'adoption, heureux ou malheureux, d'adoptant ou d'adopté.
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Anonyme
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Une entaille dans mon coeur. Besoin d'écrire, donc très gros pavé ~30 min de lecture

Message non lu par Anonyme » mer. 6 févr. 2019 05:14

Une Entaille dans mon Coeur

Bonjour à tous, ceci est un texte que j'ai écrit quand j'étais au plus mal. Donc il y a sûrement des fautes d'orthographes, les idées exprimées ne sont pas forcément dans l'ordre, je géneralie énormément... Bref c'est loin d'être parfait.
Un grand merci à ceux qui auront le courage de lire ce texte, un peu long. 😉 La bises.
Petit conseil: Écoute une playlist d'une heure, installe toi confortablement, prends un truc à grignoter, des mouchoirs si jamais t'as envie de pleurer car je suis un grand écrivain larmoyant, t'inquiètes pas ça va bien se passer.

Petit tips pour la musique:https://youtu.be/GvDCIx-1BZE

Bonjour à tous, je m'appelle X moi aussi et je suis né au Cambodge à Phnom Penh en 2000, sans réelle date précise. De toute façon que je sois née le 17 le 13 ou le 25 personne ne pourra jamais me dire la vérité.

En ce moment, je souffre terriblement de mon adoption.
Entre France et Cambodge, je ne sais pas à quel pays j'appartiens...

J'ai le sentiment d'être une plante qui a été déraciné du Cambodge pour pouvoir grandir dans une serre en France où les conditions de vie y sont bien meilleures. 
Ainsi, personne ne me ressemble physiquement dans ma famille (ou dans la serre si on fille la métaphore) et je ne peux parler a personne de mon mal-être car j'ai peur de les deçevoir. 
Et en parler à mes parents adoptifs serait une sorte de trahison envers eux, selon moi...
Je suis sûr à 1000% qu'ils comprendraient parfaitement ma quête de naissance et de recherche de mes parents biologiques mais je ne peux pas.
(Je ne vous demande pas de comprendre ce que je viens d'écrire au-dessus car même moi je ne saurais l'expliquer clairement. Je me sens perdu.)

Et même quand j'essaye d'oublier que j'ai été adopté, la société à toujours été là pour me rappeller ma difference, et juste avec des questions banales telles que:
"Tu viens de quel pays?"
"Tu ressembles plus à ta mère ou à ton père?"
Ou bien le fameux
"Avez-vous des antécédents familiaux?"
Je pense que c'est en partie à cause l'accumulation de toutes ces questions que j'ai cessé d'être moi-même, ne voulant pas mettre dans l'embarras les gens en leur disant que je ne suis pas un enfant "légitime" et surtout pour fuir mes problèmes.

Jusqu'a mes 8-10 ans environ je posais des questions à mes parents (pas tous le temps) sur mon adoption. Après plus rien.
Je me suis renfermé sur moi même, à jamais. Surtout qu'en plus ce fut l'adolescence qui n'a pas été facile je dois le dire où je me suis posé énormément de questions sur moi, mon rapport aux autres et à mes parents.

Je considère mon adoption comme une honte. Sûrement car certains ressentent de la pitié et de la compassion dont je me passerais bien, tandis que d'autres m'ont pris de haut car ils étaient nés de "vrais parents" eux. Mais ils ne peuvent pas s'imaginer une seule seconde ce que j'ai dut subir pour en arriver là. Et j'en souffre au quotidien. A force de me repéter les mêmes choses
"Qui m'a mit au monde?"
"Est ce que mes parents biologiques m'ont ils un jour aimé?"
"Est ce que je pourrais enfin les revoir un jour?"
J'ai developpé une haine et une rancoeur profonde dans les abysses de mon coeur.

Contre qui? Me diriez-vous. Je ne le sais pas moi-même, dans cette histoire, il me fallait un coupable mais accusé qui? 
Mes parents biologiques? Ils n'avaient pas le choix de m'abandonner (je suppose) par manque d'argent.
Et mes parents adoptifs, que voulez-vous que je leur dise... 
Au final sans le vouloir je suis devenu mon propre bouc emissaire.

Ainsi je ne mutile pas, j'ai encore du respect pour ma personne. Mais je me drogue au cannabis, c'est très mal selon les codes societales mais c'est le SEUL moyen que j'ai découvert pour arrêtez de penser à toutes ces idées atroces que je pouvais avoir. Ça m'evite de trop reflechir a ma condition et a mes problemes.

Je me suis alors enfermer dans un paradis artificiel et pour l'instant je me trouve si bien dedans. 
(Oui je sais c'est pas comme ça que je vais résoudre mes problèmes mais qu'est ce que ça me fais plaisir de savoir qu'au moins une fois dans ma journée je pourrais arrêter de penser à moi et juste profiter de la vie que je mène).

De plus, il faudrait que je sois reconnaissant envers mes parents adoptifs car sans eux je n'en serai pas là. C'est ce que l'on m'a reproché un jour, de ne pas être assez reconnaissant envers ceux qui m'avaient "sauvé". Alors oui et non, puisque je leur doit la vie que je mène mais pas ma naissance. En ce sens, ce ne pourront jamais être mes "vrais" parents et quand on objective les faits nous n'aurons jamais de réelles connexions (propos extrêmement ingrat et j'en suis désolé pour moi et ceux qui lisent le texte mais, je le pense réellement même si cela me brise le coeur)

Tout ce que je voulais c'est être comme les autres, pouvoir me promener dans la rue avec mes parents tranquillement sans être dévisagés par les gens comme si j'etais une merde, sans avoir a me justifier sur ma couleur de peau qui n'ait évidemment pas la même que mes parents adoptifs, sans avoir des remarques blessantes dès la primaire ou bien même juste le fait de se poser des questions qui n'ont aucun sens. Du style, si j'avais passé ma vie au Cambodge aurais-je été plus heureux qu'ici en France.
La reponse je la connais mieux que personne mais je ne veux pas voir la réalité en face...

Il est évident que j'aurais été encore plus malheureux, mon coeur n'aurait pas souffert mais j'aurais eu de la peine d'être pauvre et j'aurai envié les enfants adoptés.
Tandis qu'actuellement, mon coeur souffre terriblement de ce manque mais je suis heureux de pouvoir dormir dans un lit et pouvoir subvenir à tous mes besoins.

Je n'en veut pas à ceux qui veulent découvrir l'adoption. 
Mais par pitié ne me posez plus jamais de questions. 
90% du temps vous me blessez plus qu'autre chose. Sans le vouloir certes, mais vous me blessez tellement.
Et s'il-vous-plaît n'essayez plus, au grand JAMAIS plus de comprendre ma psychologie, mon passé ou bien mon schéma de pensé. Vous allez vous retrouvez dans quelque chose qui vous dépasse et vous verrez une partie de moi que vous n'avez très clairement pas envie de voir et moi aussi je ne peux plus voir cette partie de moi-même. Personne à part une personne adoptée ne peut comprendre ce que j'ai réellement vécu et la déchirure au niveau de mon coeur.
Et encore, car chacun à une histoire qui lui est propre et donc une autre personne adoptée n'aura pas la même vision de la vie que moi.

J'ai l'impression que mon coeur sera marqué à vie par cette blessure qui ne veut pas se refermer et qui s'agrandit au fil du temps. L'amour est le seul remede face cette peine je suppose, je ne dis pas que je n'en ai pas reçu, loin de là mais je pense qu'il m'en fallait beaucoup plus.

Je me sens comme une horrible personne, c'est très très dur à l'écrire mais ma famille à été si gentille avec moi. Pour tout le monde, je suis comme les autres faisant partie intégrante de cette famille, ils m'ont tous acceptés comme je suis, sans se soucier une seule seconde de ma couleur de peau ou du lien de sang. (C'est si beau l'amour)
Alors putain de bordel de merde, pourquoi je ne peux plus ressentir ça moi aussi. C'est immonde de plus se sentir appartenir au groupe famillial; mes grands-parents me voient comme leur prope petit-fils alors que pour moi ce sont presques des inconnus.
Et cela ne s'arrange pas avec l'âge, je refuse de m'attacher à des gens car j'ai peur de les perdre, le raisonnement est débile mais c'est ce qui me fait haïr ma soeur et ma mère adoptive. J'essaye de ne pas trop leur montrer car en soit elles n'ont rien fait si ce n'est me donner l'amour que je n'ai pas reçu.
Mais je n'y arrive plus, s'il ne m'offrait pas un toit je serais déjà parti depuis longtemps, au sens propre ou figuré.

Les femmes qui abandonnent leurs enfants ne sont pas mal vus dans la société alors que pour moi c'est l'un des actes les plus infames qu'il soit. Mais on ne leur en veut pas car elles l'ont fait avec amour...
Je peux comprendre ce geste du dernier recours. J'entends très bien qu'elles ne font pas cela par plaisir et ces mères doivent être plus boulversées que je ne le suis mais au moins laissez une trace de vous pour votre enfant. J'en sais rien une adresse, un mail, un numéro de télephone... Que l'enfant pourrait voir à ses 18 ans (majorité dans le pays où reside l'enfant, ici France) et pourrait ensuite décider s'il veut reprendre contact avec sa mère.
Assumez vos actes sinon votre enfant ne s'assumera jamais.

Devoir fêter mon anniversaire me degoûte de plus en plus année après année. On pourrait se dire que je suis juste quelqu'un qui ne sait pas se contenter de ce qu'il à déjà, alors oui mais au début, je dois dire que je voyais mon anniversaire comme un moment à partager en famille où je reçevais des cadeaux.
Mais maintenant, je me rends compte qu'on fête un jour qui n'est même pas le bon déjà.
Et en plus je suis censé fêter quoi?
Car c'est ce même jour où nous avons été séparés dans les larmes et les cris dans ce lieu si sombre, obscur et glacial. C'est tellement bizarre je n'ai aucun souvenir de ma naissance (normal 😅) et pourtant j'ai l'impression de l'avoir vécu, je pourrais même en raconter l'histoire. (Je place cela sur le dos de mon subconscient qui voulais tellement savoir ce qui s'était passé qui s'en est crée un pour éviter que je me blesse à nouveau).
Bref conclusion, je ne veux plus fêter ce jour maudit, si c'est pour célebrer ce genre de naissance, cela n'en vaut vraiment pas la peine.

Un enfant adopté à, le plus souvent, été ABANDONNÉ à la naissance par sa propre mère. Il a manqué d'amour au tout début de sa vie et à l'orphelinat il y avait trop d'enfants pour qu'on l'aime correctement. L'enfant adopté que je suis, aurait voulu une figure fraternelle forte capable de le guider. Mais bon, j'ai dû me guider tout seul dans ces ténèbres qui n'ont cessé de me suivre et me hantent encore aujourd'hui.

Je crois que j'ai refoulé pendant trop longtemps cette tristesse, pendant la primaire, le collège et le lycée j'ai TOUT encaissé, de la première blague à la dernière insulte et vous savez ce que j'ai fais à tous ces gens eh ben je leur ai souri pour leur montrer que j'étais plus fort que ça et que cela ne me toucherait jamais mais je pleurais chaque soir où j'y pensais.
Et pour remedier à cette douleur je souriais tout en me serrant fort dans mes bras pendant que je me morfondais sur mon sort.

C'est lors de mon voyage au Cambodge, pour mes 18 ans, que tout est réapparu:
ENFIN je retrouvais un veritable chez moi et c'est réellement triste mais j'étais chez moi.
Avec des gens qui me ressemblaient physiquement, des odeurs qui m'étaient je ne sais pourquoi famillières et une joie monstrueuse de me lever le matin.
Pendant 3 semaines je fus l'enfant le plus heureux du monde, heureux d'apprendre, de découvrir, de voir, de sentir, de toucher, d'expérimenter...
Je me sentais presque comme un bébé qui découvrirais la vie.
J'essayais de rattraper le temps comme je le pouvais, et j'essayais de me projeter un maximum sur ce qu'aurait pût être ma vie ici, mais je crois qu'il s'agissait là d'une très mauvaise idée que j'ai eu.

C'était deux jours avant le retour en France, j'étais dans ma chambre d'hôtel le soir vers 2h du matin. Je me dis que par un miracle venu du ciel, comme dans les films j'aurais le temps de retrouver ma mère avant le retour (j'étais très optimiste à l'époque 😞) je me renseigne donc sur ce sujet qui m'était devenu alors tabou et dont je ne m'étais pas renseigné pendant plus de 10 ans, l'adoption.

Je regarde toutes sorte d'articles de journaux, sur l'adoption à l'international, plus particulièrement en Asie du Sud-Est. Mais aussi des vidéos d'enfants adoptés qui ont retrouvé leurs parents, des témoignages sur des blogs. Et c'est à la fin d'une vidéo quand je prends conscience de ce que je vis.
Sans prevenir d'un coup, d'un seul.

Je pleure.

Tout remonte a la surface, comme un corps immergé dans l'eau qui chercherait de l'oxygène, tous ce que j'ai toujours voulu cacher au plus profond de moi-même est entrain de jaillir de tous les côtés. Les larmes ruissèllent au creux de mes joues, chaque seconde me semble comme une éternité, avec à chaque fois tout ces souvenirs qui reapparraissent dans ma mémoire et qui sont comme des lames qui me transperssent de pars en pars. Je ne sais plus quoi faire alors comme un enfant terrorisé, je me recroqueville dans ma couverture, mon coeur bat à la chamade, j'ai l'impression qu'il peut me lacher à tout moment.
Je me sers alors très fort dans mes bras tout en me promettant de ne plus jamais accuser ma mère biologique de quoi que ce soit.
Puis je me dis qu'une seule chose:
"Je veux mourrir pour arrêter cette douleur" je me tord de douleur en deux tout en pensant à tout ce que j'aurais put vivre ici et tout ce que ma mère biologique avait dût enduré dans cet enfer sur Terre.
Puis je me calme, je reviens à ma réalité au bout de 20 minutes. Et afin de remedier à tout cela, je fais ce que je sais de mieux: Fuir.
Je roule, je fume et je dors afin d'oublier ce que mon cerveau lui ne pourra plus jamais effacé.

Et c'est ce même jour que j'ai compris une chose ma mère biologique m'aimait plus que tout au monde et que si elle a décidé de me confier à d'autres personnes plus compétentes qu'elle, c'était pour m'offrir une vie meilleure que ce qu'elle pouvait me donner là-bas et ainsi pouvoir réaliser mes rêves et ainsi poursuivre les siens.
Menfin... J'ai toujours la haine d'avoir été abandonné même en sachant cela et en l'ayant compris.

Ainsi se continue ma vie et chaque soir ou presque je pleure et j'ai une envie de tout détruire car mon malheur et ma haine sont si grandes que je ne peux les contenir éternellement dans mon coeur et il faut que j'exeteriorise. Je pense qu'il s'agit de la premiere fois que je suis aussi honête avec moi même, et c'est peut-être la premiere fois que j'ecris ce que je pense réellement.

J'ai l'impression que je suis entrain juste de retarder ma mort. Ma vie n'a aucun sens, je mens à tout le monde pour ne pas qu'ils me blessent à leur tour mais au final c'est moi qui souffre le plus ( je peux les rendre heureux aussi mais la plupart du temps je les blesse).

Quand j'étais petit on m'a demandé si j'avais 3 voeux ce que j'en ferai, j'ai repondu que le premier ce serait devenir super riche, le deuxième devenir super beau et/ou intelligent et le troisieme j'ai dit que je ne savais pas et que je trouverai quand je serai plus grand.
Alors qu'au plus profond de mon coeur, il n'y avait qu'une seule chose qui merriterait que je fasse un voeu, revoir mes parents biologiques.
A l'epoque je leur aurait sûrement demandé pourquoi ils m'avaient abandonné etc...
Mais aujourd'hui tout ce que je veux c'est pouvoir les serrer très fort dans mes bras et juste leur dire un simple:
<< Je vous aime >>.

La vie n'est pas facile surtout pour les adoptés, j'imagine que je ne suis pas le seul sur cette planète à souffrir de cette manière. 
Mais comment vouloir conter une histoire sans début?
Je n'ai pas de début dans ma vie mais j'en connais déjà la fin.
Je n'aime pas être fataliste et penser que toute notre vie est décidé et qu'on ne peut changer le destin cependant, avec le peu d'informations que j'ai sur ma naissance. J'ai l'impression que je ne pourrais jamais avancer comme les autres.

Pour finir j'aimerai adresser à un dernier petit message aux enfant adoptés et surtout à mon moi petit s'il pouvait entendre:
- J'aurai tellement aimé te prendre dans mes bras quand tu étais si seul dans cette obscurité qui t'as tant traumatisé, ne pleure plus car tu penses que la vie est dure. Elle l'a été mais si tu peux lire ce message c'est qu'on t'a donné la force de ne pas céder à la mort qui t'étais destinée avant même que tu naisses.
- Ne blâme pas les autres pour ce que tu n'es pas, ils ne pourront certes jamais avoir une infime idée de ce que tu as subi, mais ne leur en veut pas s'ils ne te comprennent pas car eux aussi ont leurs blessures.
- Ait toujours confiance en toi, souris pour toi et ton prochain car c'est la seule chose qui te restera à la fin. Tu mérites tout ce qui t'arrives, au fond tu es la plus belle personne que les autres pourront connaître.
- Tu n'es que vraiment responsable que de 10% des choses qui t'arrivent, le reste provient de l'injustice et du destin donc pardonne toi comme tu pardonnes aux autres.
- Sache que la vie des adoptés n'a jamais été une vie facile mais ça tu dois très bien le savoir et même mieux que moi. Entre ce que les gens te disent d'être et ce que tu es, il te sera difficile de trouver des repères. Ainsi, n'oublie jamais d'où tu viens car quand tu reverras ce pays magnifique, tu verras la beauté de chez toi. Mais n'oublie pas que tu es le roi car dans le pays où tu vis, la seule chose qui compte, c'est de savoir que ce sera toujours chez toi.
- Et pour finir... Je ne sais pas vraiment comment finir il y a encore tellement tellement de choses que j'ai envie que tu saches et que j'ai envie de t'apprendre. Tellement de gens que tu vas devoir affronter pour t'en sortir, tellement d'obstacles que la vie va te mettre sur ta route et tellement d'impasses que tu vas rencontrer. Mais ne perds jamais espoir, car même si tu as longtemps été seul, tu finiras par comprendre le veritable sens du mot "bonheur" car la vie te le doit puisque tu n'as jamais connu la joie d'être un enfant.

J'espere que ça arrivera a me calmer, je vais essayer de completer cette histoire a ma maniere. J'espere juste que je les reverrai un jour, et peu importe les embûches je les surpasserai. Je n'ai jamais perdu espoir et c'est pas demain la veille que je perdrai cette envie de savoir. 😁

Voilà, voilà, mon témoignage est loin d'être parfait et je suis attaquable sur de multiples points. Mais c'est ce que je voulais partager avec vous.
Merci encore d'avoir pris la peine de lire ce TRÈS TRÈS TRÈS gros pavé qui ne parle que de moi qui me plains.

chrischris
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Re: Une entaille dans mon coeur

Message non lu par chrischris » mer. 6 févr. 2019 10:07

Bonjour Anonyme,

Merci d'avoir eu le courage de partager ce texte.

J'espère sincèrement que vous vous sentez mieux aujourd'hui et que, peut être, vous aurez une réponse à vos questions.

Je vous souhaite une vie la plus apaisée possible

Patricia01
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Re: Une entaille dans mon coeur

Message non lu par Patricia01 » mer. 6 févr. 2019 18:18

C'est un très beau texte.
J'espère qu'avec le temps, tu trouveras un équilibre dans ta vie, un certain bonheur, que les questions du passé cesseront de te pourrir le présent.
Il faut faire confiance à la vie, au temps qui passe et qui cicatrise les blessures... parvenir à faire le deuil de ce passé inconnu... mais c'est difficile et long.
N'hésite pas à te faire aider, par un psychologue par exemple, pour pouvoir extérioriser tout ce mal-être.

Une chose quand même : tu n'as pas à être "reconnaissant" envers tes parents biologiques, ni tes parents adoptifs... du moins pas plus reconnaissant que n'importe quel enfant (donc reconnaissant aux premiers d'être vivant et aux seconds d'avoir été nourri, soigné pendant des années)... mais tu as aussi le droit de leur en vouloir terriblement pour tout ce qui t'a fait souffrir.
Et c'est normal d'avoir envie de comprendre d'où on vient.
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 14 et 10 ans

Keana
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Re: Une entaille dans mon coeur

Message non lu par Keana » lun. 18 mars 2019 15:15

Bonjour cher Anonyme...
Je viens de tomber sur votre écrit et j avoue que je suis submergée par d infinis émotions.
Partagée entre les larmes...une profonde tristesse de ne pouvoir vous dire que je peux vous comprendre car je ne peux pas ...parce que je ne suis pas à votre place.
J'aimerais si vous me le permettez d'êtreune oreille...une épaule si le besoin s'en ressent.
Votre témoignage m a bouleversée.
Je vais devoir reprendre mon travail...Je referais des passages ici...alors j espère avoir de vos nouvelles.
En attendant prenez soins de vous....

Carine Aya
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Re: Une entaille dans mon coeur

Message non lu par Carine Aya » lun. 13 janv. 2020 04:52

Bonjour Keana
Je viens de lire ton commentaire et je n’arrive plus à arrêter mes larmes... j’ai eu l’impression de lire dans un miroir la vie que je mène depuis maintenant 34 ans.
J’ai été adoptée à l’âge de 6 mois au Sénégal par des parents extraordinaires auquel je n’arrive pas à rendre ce qu’il m’ont offert: tout pour vivre une belle vie.
Je les fais souffrir ainsi que tous ceux qui m’aiment autour de moi. Je n’arrive pas à avancer ou du moins lentement et mon cœur est triste. Je sens chaque jour qu’il me manque quelquechose. Ça laisse un grand gouffre en moi que je comble moi aussi avec un paradis artificiel.
J’ai grandi avec bcp d’amour et une petite sœur de 5 ans de moins que moi qui a aussi été adoptée et que nous avons été chercher elle aussi au Sénégal. J’ai fais des études et obtenu mon diplôme d’état il y a 7 ans maintenant dans le domaine de la santé ( A défaut d’ être heureuse... j’essaye au moins de rendre heureux et en bonne santé les autres autour de moi)
Mon travaille me transforme totalement je ne pense plus à rien quand j’y suis et m’y donne à fonde
Mais lorsque je n’y suis pas ma vie oscille entre moment de joie ( qui souvent ne dure pas) et moment de réflexion.
Je suis partie au Sénégal plusieurs fois ( vacance ou mission humanitaire) je sens que c’est chez moi dès que j’en foule le sol. Mais malgré mes multiples recherches, je n’ai tjrs pas trouvé d’où je viens quel jour exact je suis né ( 8,9 ou 10 ) et qui sont mes parents. La sœur de la Pouponniere d’où je viens n’a malheureusement pas plus de détails à me donner.
Toute chose a un début pour pouvoir vivre et avoir une fin.
Sans début il n’y a pas de continuité ni de fin... voilà comment je vous ma vie... un brouillard qui s’épaissit ou s’éclaircit au fur et à mesure du temps sans jamais se dissipent totalement.
A défaut de trouver mes parents... je cherche des personnes qui comme moi se posent des milliards de questions existentielles ...
Je te souhaite du courage et si tu veux en parler
Je serai plus qu’heureuse de partager avec toi ou tout autre personne qui ressente ou connaisse cette problématique.
On n’y arrivera je l’espère
Car on le doit à nos parents et surtout on se le doit à nous
🥰🥰🥰

Patricia01
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Re: Une entaille dans mon coeur. Besoin d'écrire, donc très gros pavé ~30 min de lecture

Message non lu par Patricia01 » mer. 15 janv. 2020 22:28

Courage à vous.
C'est difficile de se construire sur une blessure... N'hésitez pas à vous faire aider pour faire ce deuil de votre passé inconnu, si douloureux.
Oui, c'est facile à dire, je sais. Je ne peux que vous souhaiter bon courage.
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 14 et 10 ans

Crispy87
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Enregistré le : sam. 18 janv. 2020 18:57

Re: Une entaille dans mon coeur. Besoin d'écrire, donc très gros pavé ~30 min de lecture

Message non lu par Crispy87 » sam. 18 janv. 2020 19:59

Bonjour,

C'est la première fois Que je viens sur le forum. Je me présente Caroline, Je suis née au Chili en 1987 et j'ai été adoptée aussi à la naissance.

Je me revois dans ton témoignage vis à vis des questions sur les parents
:" tu ressembles le plus à qui ?"
Moi, dès que l'on me voit, même au travail on me dit :" mais vous avez des origines pas françaises si? "
Si tu savais le nombre de fois que l'on m'a dit ça, je serais riche si j'avais eu un EUR à chaque fois lol
Sauf que pour moi, mon adoption je la considère du Privé et je ne compte pas et ne veut pas raconter ma vie INTIME sachant qu'en plus j'ai été ABANDONNÉE aussi et que pour moi, je n'arrive déjà pas à l'accepter donc c'est pas comme si on racontait la soirée miss France tout en détente et au boulot avec des Patients .
Du coup, j'en viens à leur répondre :" si si 100% française" et donc de là il y a ceux qui insistent pas, et puis il y a toujours ceux qui me disent :" vous avez pas un croisement asiatique ?" Car il est vrai que j'ai beaucoup les yeux bridés chiliens et ça m'énerve d'être comparé toujours à cela.donc je clôture encore la conversation par :" non vraiment pas !!!!" .
Les gens ne se rendent pas compte a quel point ils peuvent énervé les autres. Moi ça me soule !!!

Ensuite moi , j'ai eu une scolarité super, je m'entends très bien avec mes parents. J'ai un frère qui a aussi été adopté au Chili qui a deux ans de plus que moi. On s'entend plus trop tout les deux.
J'ai toujours voulu être parfaite, avoir les meilleures notes, être la meilleure de la classe, etc. Je suis perfectionniste au plus possible et si je n'ai pas la perfection, je le vis mal. Je suis toujours stressée. J'ai une bonne situation professionnelle, un bon diplôme.

Dès Petite j'ai adoré ma famille. Mes grands parents, oncles , tantes etc. Pas de problème pour moi, je les considere vraiment comme ma famille. Que personne ne touche à un cheveux de mes parents car il m'aura sur le dos. Je les aime et je sais tout ce qu'ils ont fait pour moi. Je suis reconnaissante.

En fait quand j'y pense , j'ai l'impression d'être dans le déni car je ne m'autorise jamais à penser à l'abandon petite de par ma mère. J'ai compris que si elle l'a fait, c'est qu'elle n'avait pas le choix, car à ce moment là il y avait la dictature de Pinochet.
Je n'ai pas envie ni besoin de penser à l'abandon. De même, je n'ai pas envie de connaître ma mère biologique car pour moi même si je comprends et bien je ne pardonne pas !!! Et pour moi ces raisons ne sont tout de même pas suffisantes pour m'avoir abandonné. Je n'abandonnerai même pas mon lapin ni mon chien car je les aime trop alors je ne comprends absolument pas l'idée de laisser partir un bout de vous que vous avez porter neuf mois, accoucher, tenu dans vos bras !!! Je suis trop dégoûtée et en colère , donc mieux vaut que je ne la vois pas car je ne serai pas gentille envers elle.

Je pense que vous devriez parler à un professionnel pour sortir tout ce qui vous détruit et vous pèse. Vous avez trop de choses sur le cœur et ce n'est pas bon.je vous conseille aussi faire de l'hypnose EMDR c'est très bien pour sortir colère et stress.
Et puis même vos parents comprendront si vous leur dites ce que vous avez VRAIMENT sur le cœur. Je pense que vous les sous estimé. Moi même si des choses ne me plaisent pas, je ne garde pas tout à l'intérieur juste pour pas les vexer ou faire bonne figure. Osez. Ils sont venus vous chercher si loin, ils ont attendu si longtemps de vous tenir dans leur bras, sachez qu'il vous aimaient déjà sans vous connaître.
On n'a la chance d'avoir des parents qui nous ont VRAIMENT désirés, plus que certains parents qui ont des enfants biologiques. Combien d'enfants malheureux, battus?

Je comprends aussi que vous ne vous sentiez ni d'ici ni d'ailleurs car pour moi c'est la même chose. Je ressemble pas aux Françaises mais je suis pas culturellement chilienne.
On m'a dit :" écoutes, tu as de la chance, tu as une double culture, un mélange" mais moi ce n'est pas vraiment ce que je ressens.

Après moi aussi à 17ans, on est parti au Chili et je dois dire aussi que je me suis sentie comme un poids en moins de me dire :' oui ma place est d'ici" .

Je vous conseille de ne pas vous torturé avec autant de choses. Le passé est inchangeable mais vous, vous pouvez sortir plus fort de tout cela et avancer. Prendre du cannabis n'est qu'une façon de noyer votre vous intérieur. Et ce n'est vraiment pas vous aider. C'est un leurre. Vous croyez vous soulager sur le moment et cela marche. Mais dès que les effets s'estompent, les questions, la douleur, vos pensées reviennent. Il faut les écouter. Tout sortir. Faire la paix sur vous, votre passé et considérez votre futur de meilleure façon . Vous méritez mieux que tout cela.
J'espère avoir pu vous aider avec mon témoignage et expérience. Après ce n'est que subjectif. Je vous souhaite d'aller mieux et de trouver la paix intérieure.

N'hésitez pas à me répondre, j'adorerais avoir de vos nouvelles
Caroline

Petrouchka
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Enregistré le : sam. 25 janv. 2020 10:33

Re: Une entaille dans mon coeur. Besoin d'écrire, donc très gros pavé ~30 min de lecture

Message non lu par Petrouchka » sam. 25 janv. 2020 10:51

Bonjour
J ai lu attentivement votre détresse
Très sincèrement je pense que vous devriez si je peux me permettre consulter un professionnel qui vous aiderait à dépasser ce stade.il me semble que vous vous accrochez à votre souffrance. Vous êtes à fleur de peau.les réflexions racistes nombre de personnes les subissent détachez vous de ça. Vous êtes d origine cambodgienne faites en un plus .rencontrez des personnes cambodgienne ou asiatiques. On a la chance en France d avoir multitude de profils ethniques
De même essayez de mettre à distance votre abandon. La blessure primitive sera toujours présente mais il faudrait la mettre à des strates inférieures pour pouvoir vivre et envisager un avenir plus serein .votre famille adoptive qui vous aime est à son tour abandonnée et pourtant elle est là pour vous .donc df l amour il yen a.et dans une certaine mesure cela devrait être un réconfort pour vous .D autres n ont pas cette chance
Même si pour le moment je pense que vous n entendez pas ce mot Chance
Je vous souhaite d aller mieux et tournez vous vers les autres

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