comment en parler, qd l'enfant grandit

Vos témoignages d'adoption, heureux ou malheureux, d'adoptant ou d'adopté.
tatie69
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comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par tatie69 » mar. 15 févr. 2011 15:17

Bonjour

Je voulais déjà me présenter, je suis une maman de 40 ans, assistante maternelle depuis dix ans, mariée depuis 23 ans, et nous avons adopté notre fille, qui était pupille de l'état à deux mois et demi, en 2003 (nous n'avons qu'une seule fille).

Après dix ans de PMA, nous avons attendu 5 ans avant d'avoir enfin notre fille. A la pouponnière, ils nous avaient expliqué que dès sa naissance, la personne qui s'en était occupée lui avait dit qu'elle allait être adopté.

A la pouponnière, nous avons rencontré des gens géniaux, qui avaient su prendre grand soin de notre enfant.

Notre fille a maintenant 8 ans, et nous lui avons toujours parlé avec des mots qui correspondaient à son âge de son adoption.

Nous avons passé plusieurs années douloureuses, car en fait, elle n'arrivait pas à se détacher de moi et moi d'elle, et du coup ça se passait très mal à l'école, pas pour le travail, car elle est bonne élève mais pour la laisser la matin, des pleurs, des cris, des vomissements.

Nous avons trouvé un psychologue il y a un peu plus d'un an qui nous a rendu à tous la vie plus simple. Il a fait un travail super avec notre fille, et elle va super bien, a repris confiance en elle et est moins stressée.

Après certains diront qu'il ne faut pas tout ramener à son adoption ce qui n'est pas faux mais il y a une part quand même qui joue.

J'ai toujours eu du mal à lui parler de sa maman bio, non par jalousie, ou que je ne veuille pas en parler, mais c'est toujours très émouvant pour moi d'en parler, même au bout de 8 ans, là je sais que ça va être son anniversaire, et ça me fait toujours un pincement au coeur de savoir si une autre femme pense aussi à elle, car je trouve cela légitime, mais on ne peut le savoir.

Donc depuis plusieurs mois, je me dis qu'il faut que l'on en reparle car elle grandit et qu'elle comprend de mieux en mieux les choses, d'un autre côté elle est très sensible.

Elle a son papa, sa maman bio et à l'époque un frère et une soeur.

Je ne lui en ai jamais parlé pour l'instant de ces frères et soeurs, mais je voulais que l'on puisse en rediscuter, et je lui aurais proposé que si elle avait envie, elle me pose des questions, par oral ou écrit (car je sais qu'elle adore écrire).

Dans ma tête, je me dis : comment bien lui expliquer qu'elle a qu'une maman et qu'un papa, et que de l'autre il y a ses parents qui l'ont mis au monde...

Il me manque ou bien les mots ou bien le savoir faire, pour ne pas faire d'impair et qu'elle comprenne bien ce que je veux lui dire !

J'ai besoin de vos conseils en tant qu'adopté ou adoptant. J'ai commencé à faire le tour du forum, et j'espère ne pas avoir commis d'impair dans ma rédaction.

Je suis une maman heureuse et épanouie et d'un autre côté je crois que j'ai besoin d'en parler de nouveau avec elle, mais pensez vous que le fait que je ressentes cela soit bien ou pas ?

Une dernière question, j'ai un peu honte mais je la pose quand même car je n'ai jamais pu en parler de peur d'être jugée, voilà quand on me parle de ma fille, je prend souvent les devants en disant que nous l'avons adoptée. Je dirais que c'est comme une fierté, mais pas mal placée, ma fille n'est pas un trophée et je ne joue pas non plus les mères thérésa mais je suis fière d'elle tout simplement. Pourquoi est ce que je ressens le besoin de le dire ? bon pas à tout le monde non plus, j'ai peur que ce soit de l'égoisme, je sais pas, parfois je suis un peu perdue.

voilà, tous conseils ou remarques seront les bienvenues. Je parle en mon nom car mon mari est plus renfermé.

n

Léa
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par Léa » mer. 16 févr. 2011 08:05

Bonjour,

Peut-être faut-il accorder aux mots l'importance qu'ils méritent. Si vous vous dites qu'elle n"a "qu'une maman et qu'un papa", ce qui est vrai, il vaut peut-être mieux éviter de lui dire en même temps qu'elle a aussi une maman et un papa bio, sinon c'est contradictoire. On ne peut pas avoir en même temps 2 mamans et 1 seule maman, et 2 papas et 1 seul papa. Cela risque de jeter la confusion dans sa tête. A mon fils je dis qu'il a une maman, la vraie, la seule (moi), et deux mères, sa mère adoptive et sa mère biologique, comme d'autres enfants ont une mère et une belle-mère, et toujours une seule maman (dans les familles recomposées par exemple). Dans la langue française, le mot "maman" est vocatif, ce qui veut dire que la maman est celle que l'on appelle maman. Et même s'il est aujourd'hui utilisé à tort et à travers à la place du mot mère, cela vaut peut-être la peine de se souvenir de son sens originel. Si j'ai bien compris votre fille a peu de chance d'appeler un jour sa mère biologique "maman". A moins qu'elle ne la connaisse et la rencontre et dans ce cas évidemment cela change tout. A mon fils je ne dis pas non plus qu'il a des frères et soeurs, (avec nous il est fils unique), je lui dis seulement que la dame qui lui a donné naissance ( et qui n'a pas pu ou pas voulu, devenir sa maman mais qui a bien voulu être sa mère biologique, sa génitrice, certaines femmes ne le veulent pas puisqu'elles se font avorter), a donné naissance aussi à d'autres enfants.
Quant à la fierté que vous éprouvez d'avoir adopté votre fille, je ne sais pas trop quoi en penser car je ne vois pas le lien entre la fierté et l'adoption. Je suis fière de mon fils certes, mais parce qu'il a d'énormes qualités qui n'ont rien à voir avec son adoption, et je ne suis ni fière ni honteuse de l'avoir adopté. J'ai eu un enfant, grâce à l'adoption, d'autres ont des enfants grâce à la nature. Mon fils pour sa part n'aime pas du tout que nous en parlions (il ne veut tout simplement pas être différent des autres enfants), donc si nous avons envie de le dire à des gens, nous évitons de le faire en sa présence.
Je ne vous fais part ici que de ma manière de voir et de faire, et ne prétends nullement que celle-ci soit valable universellement. Bon courage à vous,

Léa

gagatte
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par gagatte » mer. 16 févr. 2011 11:05

Quand les adoptes retrouvent leur famille de naissance, ils parlent bien de soeur, demie-soeur oncle tante etc. Je crois que les mots qu'on utilise ne seront pas forcement les leurs plus tard ou dans leur tete secretement. Ceci etant dit je pense utiliser les mots "mere" et "mere de naissance", a nuancer selon l'histoire de mon enfant. Et bien sur la maman ca sera moi, ce qui compte surtout c'est que lui sera bien mon enfant : on aime bien plusieurs enfants, mon enfant pourra avoir des sentiments pour deux familles, chacune lui apportant des choses bien differentes. Moi je serai la maman qui sera toujours la.
Dans ma tête, je me dis : comment bien lui expliquer qu'elle a qu'une maman et qu'un papa, et que de l'autre il y a ses parents qui l'ont mis au monde...
Et bien c'est tout a fait ca, tout a fait juste.


Peut-etre qu'aller vous-meme voir un psy pourrait decoincer certaines choses chez vous, vous liberer un peu, surtout si votre mari s'exprime peu. On pense souvent aux enfants, mais les parents parfois aussi ont besoin d'une ecoute professionnelle. Peut-etre que c'est bien si on peut prendre du recul par rapport aux parents de naissance, on dirait que vous vous sentez coupable par rapport a cette femme, c'est l'impression que vous me donnez, comme si vous aviez usurpe quelque chose. Le psy pourrait aussi vous aider a comprendre cette fierte dont vous parlez, qui est peut-etre au contraire quelque part une gene, alors vous preferez devancer et dire "elle est adoptee" plutot que les gens devinent? Pourraient-ils deviner, votre fille est-elle de la meme origine que vous? C'est vous la maman legitime, donc a mon avis pas la peine de dire qu'elle est adoptee, elle est bien votre fille, point final. Efa peut sans doute vous aider a trouver un psy competent si vous le souhaitez.

Bonne continuation
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Léa
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par Léa » mer. 16 févr. 2011 12:27

"Quand les adoptes retrouvent leur famille de naissance, ils parlent bien de soeur, demie-soeur oncle tante etc. Je crois que les mots qu'on utilise ne seront pas forcement les leurs plus tard ou dans leur tete secretement".


Tout à fait d'accord avec vous, et si mon fils retrouve un jour sa famille de naissance il me semblera sans doute normal de l'entendre parler de ses frères et soeurs, je pense même que cela me fera plaisir, je n'aurai pas de pouvoir là dessus et ne désire pas en avoir. Cependant je parle d'aujourd'hui seulement, époque où mon fils ne montre pas de curiosité à l'égard de ses racines. Il me semble que pour que nos enfants adoptifs se sentent réellement nos enfants, il ne faut pas sans cesse les définir par rapport à leur adoption. Le fait d'accorder une si grande place à la biologie est un phénomène de société récent, et je ne suis pas sûre que ce soit très constructif pour nos enfants. Cela dit je ne nie évidemment pas l'histoire de mon fils, mais je ne souhaite pas lui accorder plus d'importance qu'elle n'en a. A mon sens ce qui compte le plus, n'est pas d'où l'on vient, c'est ce que l'on devient.

Léa

tatie69
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par tatie69 » mer. 16 févr. 2011 16:41

Léa bonjour,

je vais essayer de reprendre chaque message que j'ai reçu, et ne rien oublier.

cest vrai que jai peur de la confusion, deux mamans, deux papas, elle ne va plus savoir quoi penser.

ma fille pourra retrouver ses parents, si elle le souhaite, nous l'avons adopté en France, donc après ce sera suivant son envie et les possibilités de les retrouver.

moi je pense que si je lui disais que sa mère a eut d'autres enfant, pour elle, ce serait comme dire qu'elle a des frères et soeurs.

je sais que ma réaction de fierté est difficile à comprendre car il est difficile pour moi de l'expliquer, je suis fière de ma fille et qu'elle soit avec nous,

après je ne brandis pas un drapeau en criant : oui je suis une maman adoptante, vous voyez j'ai fais une bonne action, non c'est plutôt le côté comment dire, on a tellement galéré, et souffert que lorsque nous avons eu ma fille dans les bras, c'était un bonheur sans nom.

merci pour votre avis, tout conseil est bon à prendre.

tatie69
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par tatie69 » mer. 16 févr. 2011 19:17

Bonjour Gagatte,

je pense aussi qu'il ne faut pas renier la famille bio, en même temps il ne faut pas oublier que notre enfant n'est pas né par hasard.

Effectivement, moi aussi je suis la maman, mais je peux aussi imaginer que plus tard, elle veuille rencontrer sa mère. Une amie qui a retrouvé ses parents bio, les appellent par leur prénom, elle n'emploie pas le nom de père et mère, après chacun fait suivant son vécu.

voilà elle a des parents qui l'ont mis au monde et un papa et une maman qui l'aiment. Je me suis toujours demander si sest parents pensaient à elle parfois, je pense qu'effectivement j'ai un soucis avec tout ça car je m'implique peut être trop autour de son adoption.

Je n'emploierais pas le mot coupable, mais je vois ce que vous voulez dire, je sais pas comment exprimer cela.

notre fille est de même origine, on nous dit même parfois qu'elle nous ressemble, c'est drôle car pas du tout, elle a de grands yeux marrons, et nous ils sont verts.

Je prend les devants, c'est un fait, mais je ne sais dire pourquoi.

Vaste sujet, et pourtant c'est une relation magnifique.

Merci pour votre témoignage.

Séverine
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par Séverine » ven. 18 févr. 2011 15:38

Bonjour,

Que de questions intéressantes...

Maman d'un petit garçon de 5 ans adopté au Vietnam à 3 mois, j'ai toujours parlé à Théo de son père et de sa mère de naissance pour parler de ses parents biologiques, et nous, nous sommes son papa et sa maman. Nous avons chacun une place primordiale et indispensable dans sa vie: Ils lui ont donné la vie et nous nous l'accompagnons et l'aidons à grandir au jour le jour.

Pour les frères et soeurs, c'est vrai que cela devient plus compliqué... Il faut dire que Théo a un demi-frère biologique adopté qui vit à Paris, un autre demi-frère biologique adopté qui vit probablement aux Etat-Unis et un frère biologique qui vit avec sa famille biologique au Vietnam. Pour le moment, on en est resté à son frère de Paris que nous voyons régulièrement et qu'il adore. J'ai expliqué à Théo qu'il avait la même mère de naissance et il l'appelle son frère. Souvent quand il en parle les gens sont surpris et je dois expliquer un peu les choses - c'est un peu compliqué et sûrement confus encore pour Théo (Hugo est plus grand) mais ça vaut le coup car pour tous les deux cette relation est très précieuse.

Concernant le moment ou pas pour parler de son adoption au début je trouvais cela très difficile, mon fils ne posait pas de question directement mais se mettait dans de grosses colères, alors parfois quand vraiment il ne réussissait pas à se calmer, je lui proposais de regarder son album de photos, la réponse était très souvent oui et là je lui racontais son histoire le plus simplement possible et au fur à mesure les mots sont devenus familiers Vietnam - mère de naissance ... Aujourd'hui il est plus direct dans ces interrogations ou affirmations, récemment il m'a dit "Moi je suis né au Vietnam dans le ventre de personne." donc là à nouveau j'ai expliqué en parlant de sa mère de naissance... A chaque fois, je marche un peu sur des oeufs, mais petit à petit les choses importantes sont dites et il avance dans ses réflexions.

En tous cas, je suis d'accord que le plus difficile est de trouver le bon équilibre pour ne pas tout ramener à l'adoption et en même temps réussir à capter les moments où il se pose des questions sur son histoire et a besoin de notre aide.

Et de mon coté, j'espère sincèrement qu'il rencontrera un jour sa famille de naissance au Vietnam et tous ses frères, car c'est une partie essentielle de sa vie, tout comme nous son papa et sa maman et tout le reste de sa famille adoptive.

tatie69
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par tatie69 » lun. 21 févr. 2011 12:25

Bonjour,

Je pense, mais je peux me tromper qu'une adoption en France et à l'étranger ne sera pas ressenti de la même façon par l'enfant, ses parents adoptifs et l'entourage.

Nous, personne ne peut savoir que nous avons adopté notre fille, on nous a même souvent dit au début, que ce n'était pas la peine de lui dire car elle n'était pas sensé le savoir. Ce que je trouve horrible et je suis archi contre cette façon de procédé.

Je sais que dans un mois, ma fille aura ses 8 ans et c'est un jour important pour moi, car je me dis que peut être sa mère pense aussi à elle dans ce moment important dans une vie, une naissance ...

Pour ce qui concerne, les frères et soeurs, on en est resté aussi à deux, mais peut être en a t elle d'autres. L'assistante sociale nous avait dit qu'ils étaient placés à l'époque en famille d'accueil.

Ma fille ne pose pas de question non plus, nous avons regarder son album de la pouponnière la semaine dernière et maintenant qu'elle sait lire, c'est sympa car elle peut lire elle-même ce que les personnes qui se sont occupées d'elle, ont inscrit.

Mais arrivée à la fin de l'album, elle a lu dans sa tête ce qui était marqué, comme si elle était gênée, je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens.

J'ai la certitude que pour elle nous sommes ses parents, et que dans sa tête d'enfant, il n'en va pas autrement. Après il y a le pourquoi mes parents bio n'ont pas voulu de moi ? Comme nous ne savons pas pourquoi, de ce côté ci, nous ne pouvons pas plus lui en dire.

Les gens ont souvent tendance à me dire : si ta fille est comme ci cest surement suite à son adoption, et je suis d'accord qu'il ne faut pas tout ramener à l'adoption.

J'espère aussi qu'elle pourra si elle le souhaite retrouver des morceaux de sa vie d'avant son adoption, et nous serons là avec son papa pour la soutenir.

Merci pour votre témoignage

Marie 73
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par Marie 73 » jeu. 3 mars 2011 17:25

Bonjour,

En tant qu'adoptée de l'étranger, je vais vous donner mon ressenti.
Lorsque vous parlez, on sent bien que la procédure a du être longue avant d'avoir votre enfant. Vous l'avez désirée et vous l'avez eue, c'est déjà magnifique.
Je comprends vos questions et je ne pense pas qu'elles vous rendent égoïstes mais au contraire, que vous voulez être une bonne mère qui saura répondre à son enfant. On voit que vous aimez votre fille et j'espère qu'elle le sait aussi mais je ne m'inquiète pas pour ça.

En effet, pour vous on ne peut pas se douter que vous ayez adopter votre fille alors que pour ma part, c'est évident. Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il ne faut pas cacher la vérité à ses enfants, tout se sait un jour et s'il y a eu mensonge, c'est la catastrophe !

Selon moi, il ne faut pas tout ramener à l'adoption en effet. Vous lui avez raconté déjà son histoire et pour moi ce n'est pas la peine de l'embrouiller en voulant lui inventer une famille qu'elle n'a pas.
Sa seule famille c'est vous, votre mari, ses oncles, tantes, ...
Il faut être très clair là-dessus, non pas en voulant évincer ses origines mais afin qu'elle trouve sa place. L'adoption ce n'est jamais simple car ceux qui ne le vivent pas ne comprennent pas forcément, se disent que l'enfant doit être reconnaissant alors que c'est complètement faux. Mes parents sont mes parents pas des sauveurs de l'humanité.
Je pense aussi qu'elle est assez grande pour se poser des questions et vous devez la rassurer en lui disant qu'elle pourra vous poser toutes les questions qu'elle veut quand elle en aura envie. Que vous ne pourrez pas lui donner toutes les réponses mais qu'elle comprenne que vous êtes sa référence. Pour moi, c'est comme le reste, comme le fait que lorsqu'elle sera grande et qu'elle aura un chagrin d'amour vous serez là, que si elle fait des cauchemars vous serez là. Ce n'est plus à vous d'aller chercher dans son passé et aborder l'adoption.
Vous devez être prêts vous et votre mari qu'elle veuille en savoir plus mais quand ELLE le voudra, si elle en ressent le besoin.
Avec les messages que vous avez écrits, j'ai peur qu'elle n'ose pas l'aborder avec vous de peur de vous faire de la peine car pour le moment, elle doit sentir que vous êtes très touchée par tout cela. C'est ça qui va la dérouter, si vous n'êtes pas claire dans votre position, elle n'aura plus de repère car vous ne saurez pas lui expliquer les choses tout simplement.

Si, lorsqu'elle sera plus grande, elle se pose des questions, elle pourra aussi s'intéresser aux associations mais laissez la venir à vous et surtout osez en parler en toute liberté avec votre mari. Ce serait bien qu'il puisse s'ouvrir aussi car c'est lorsqu'il n'y a pas de dialogue que l'enfant pourra déduire tout ce qu'il veut du silence, et souvent ce n'est pas du positif.

J'espère vous avoir aidée et je vous souhaite bon courage. Vous aimez votre fille et c'est le principal.

tatie69
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Re: comment en parler, qd l'enfant grandit

Message non lu par tatie69 » jeu. 3 mars 2011 22:10

Bonsoir Marie,

je dois dire que je suis soufflée par votre message, car vous lisez dans mes pensées comme un livre ouvert, vous m'avez très bien cernée que cela est très déroutant, mais rassurant aussi car je ne suis pas "folle"...

il est souvent très dur de faire passer ce que l'on ressent via un message, car on oublie des choses, on en rajoute et parfois la personne ne face ne comprend pas ce que l'on a voulu réellement dire.

tout à fait, les traitements ont duré dix ans, bon comme toutes les personnes qui sont passés par là, ben cela nous rend encore plus sensible quand comme moi on l'est déjà beaucoup ben dure de faire avec.

c'est vrai que le jour ou l'assistante sociale nous a appelés pour nous dire que notre fille nous attendait, nous étions tellement surpris que je n'ai même pas pu verser une larme.

et le lendemain quand à la pouponnière, nous l'avons tenu dans nos bras, nous ne pensions plus aux galères vécues mais à ce merveilleux moments. D'ailleurs l'assistante sociale qui était avec nous, a pris une photo et je l'en remercie car c'est la première photo que nous tous les trois, sur le vif et nos visages en disent longs...

c'est vrai que je suis très fusionnelle avec ma fille, on me le reproche parfois, mais elle est demandeuse et moi aussi, on a besoin de se dire que l'on s'aime, j'aime lui dire que je la trouve jolie, qu'elle travaille bien à l'école, et si il y a dispute car elle a un caractère bien trempée, ben on se dit parfois des choses dures, même si elle n'a que 8 ans, mais cela ne dure pas, elle me glisse toujours une lettre ou elle s'excuse avec ses mots à elle, et j'espère que cette relation durera même quand elle sera plus grande. Elle a aussi des rapports très complices avec son papa, ce ne sont pas les mêmes, car nous sommes différents avec mon mari, niveau caractère.

Pour ce qui est de dire la vérité, on me dit parfois, mais votre fille le sait ??? un mensonge fini toujours à se faire dévoiler au grand jour.

Vous avez répondu à une de mes interrogations... Lui dire que nous sommes sa famille, toute personne autour de nous réunis. Sans pourtant oublier ses parents bio bien sur, mais dans la tête des gens, les parents qui adoptent sont en quelques sortes des gens "biens", mais non, nous sommes des gens qui sommes heureux d'être parents.

une chose qui m'interpelle, c'est que ma fille ne pose pas de question, mais je dirais qu'elle ne pose pas de question non plus sur comment on fait les bébés, ou bien des choses de la vie.

je lui ai fais des albums avec des textes, des photos et des souvenirs de son enfant avec nous, maintenant qu'elle sait lire, je pense que je vais lui proposer de lire ce que j'ai écris, elle choisira son moment, maintenant ou plus tard.

et si ensuite, elle a des questions, ben nous serons là pour lui répondre.

il y a quelque chose qui m'a touchée dans votre message, quand vous dites : j'ai peur qu'elle n'ose pas l'aborder avec vous de peur de vous faire de la peine

vous êtes totalement dans le vrai, car je ne pourrais pas vous dire pourquoi, mais j'ai du mal à retenir mes larmes quand je parle de son adoption, des larmes de joie bien sur, mais comme vous le dites, elle pourrait le prendre pour de la tristesse, et croire qu'elle a pu faire quelque chose de mal.

si mon mari a plus de mal que moi à parler c'est qu'en fait, il n'a pas connu son père, et quand nous avons passé notre agrément, la psy et l'as ont reussi à toucher un point sensible, l'absence de père pour mon mari. D'ailleurs une fois, il a fondu en larmes et la psy avait dit que si il n'avait pas de père, en serait il un bon ?

ce jour là, il avait aussi su défendre son bifteck, car cela n'a pas de lien propre. C'est un papa formidable, et j'adore quand ma fille ma dit : maman, on sort tous les deux avec papa au parc, tu restes là hihiih

les associations sont très importantes, quand elle sera plus grande, si elle le souhaite bien sur, elle pourra s'informer.

c'est vrai que c'est une petite fille très sensible, gentille, qui donne sans rien attendre en retour, pour le plaisir, qui a un super bon fond.

je me souviens quand nous l'avons vu pour la première fois, elle avait de grands yeux marrons, elle avait l'air d'avoir peur, elle a gardé ses grands yeux apeurés pendant quelques mois, et ensuite, elle s'est apaisée.

elle a toujours de grands yeux magnifiques mais ouvert sur le monde, elle est très perfectionniste, sportive, elle m'a dit un jour : maman je veux écrire des livres illustrés pour les enfants, quand je serais grande.

en tout cas, merci beaucoup pour votre message, qui m'a mis les larmes aux yeux. Comme vous le dites, je l'aime....

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