Je pense à adopter...un jour

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Isa
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Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Isa » mer. 24 janv. 2018 21:56

Bonjour,

Avant de commencer, je tiens à préciser que j'ai beaucoup hésité avant de poster un message sur ce forum. Je vous avoue avoir "peur" du jugement parce que, actuellement, je ne remplis aucune condition pour pouvoir adopter mais je souhaite, un jour, le pouvoir.
Pour ma présentation : je m'appelle Isabelle, j'ai 30 ans, je suis célibataire, je suis AESH (accompagnant d'élève en situation de handicap) depuis 3 ans, il s'agit d'un contrat précaire (CDD d'un an renouvelable à mi-temps), j'aime beaucoup mon travail mais j'aspire à trouver un emploi plus stable à moyen terme ; bien sûr, je suis locataire (dans un HLM en plus). Comme vous pouvez le constater, l'adoption, pour moi, actuellement, est une chose impossible. La question que je me pose est : serait-ce possible un jour ?

Je ne peux pas vous donner de raisons précises pour vous expliquer mon souhait d'adoption. Est-ce parce que je trouve qu'on vit dans un monde injuste et dangereux (pauvreté, chomâge, guerres, attentats) et que dans ces conditions je ne souhaite pas donner vie à un enfant qui risque de souffrir mais, plutôt, de faire de mon mieux pour offrir la meilleure vie possible à un enfant qui n'a pas la chance d'avoir de parents ? Est-ce parce que je ne m'imagine pas être enceinte ? Est-ce parce que je ne veux pas prendre le risque de donner naissance à un enfant qui risque d'être atteint d'une maladie rare (mon papa était atteint d'une maladie génétique rare, donc je suis porteuse de ce gène) ? C'est peut-être un peu de tout ça, ce sont peut-être des fausses excuses, je ne saurais le dire. La seule chose dont je suis certaine c'est que j'ai envie d'être maman mais que je n'arrive pas à concevoir avoir une vie de famille autrement que par l'adoption. Cela fait des années que je dis à ma famille et à mes amis que si un jour j'ai un enfant, il s'agira d'un enfant adopté. Les années passants, je me suis attachée à cette idée de vouloir adopter (sans en connaître plus ma vraie motivation). Cela explique aussi la raison de mon célibat (les jeunes hommes de mon âge veulent être papa et l'adoption est compliquée,longue et incertaine).

Mon souhait : pouvoir adopter avant qu'il ne soit trop tard. Dans l'idéal, 2 enfants d'une fratrie, pas trop âgés tout de même mais pas forcément bébés (7 - 8 ans me semble le "maxi maximum"), qu'ils viennent de France ou de l'étranger, qu'ils soient en bonne santé ou non, m'importent peu dans le sens où, quand on a un enfant naturel, on ne choisit pas son caractère, son physique ou son état de santé. Je ne me vois pas "choisir" un enfant, je me vois avoir un enfant, l'aimer et lui apporter le maximum pour qu'il ait la meilleure vie possible, la seule chose qui me poserait problème c'est un enfant avec une espérance de vie courte. Toutefois, je comprends tout à fait que les enfants atteints d'une maladie ou d'un handicap puissent être un frein pour une famille (tout le monde souhaite que son enfant soit en bonne santé) mais il s'agit d'une responsabilité que je serais prête à assumer.

A la vue de ma situation actuelle, il m'est impossible de faire des démarches d'agrément, j'en suis bien consciente. La question que je me pose, et que je me permets de vous poser, est :est-ce qu'un jour je pourrais avoir un agrément et est-ce qu'on pourra me confier la responsabilité d'enfants ?
J'ai fais beaucoup de recherches sur le net mais je n'ai pas réussi à trouver les conditions pour pouvoir adopter. Etre propriétaire de son logement ? Avoir un travail stable avec un salaire important ? Etre en couple ?
Je me demande également si c'est si long et si compliqué. Je me demande, bien sûr, comment ça se passe après (au niveau de l'éducation et du lien entre autres).

Je vous remercie de m'avoir lu, j'espère ne pas être complètement "à côté de la plaque" et je vous remercie d'avance de vos éclairages et expériences.
Isabelle

J'espère sincèrement ne pas choquer les personnes qui ne peuvent pas avoir d'enfants. Pensez-vous que adopter quand on peut avoir des enfants naturellement peut priver des futurs parents adoptants de concrétiser leur rêve ?

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Delphine
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Delphine » jeu. 25 janv. 2018 13:01

Bonjour Isabelle et bienvenue !

Le seul critère officiel pour une demande d'adoption est, pour un(e) célibataire, d'avoir plus de 28 ans. Donc sur ce point c'est bon.

Pour l'agrément, être propriétaire n'est absolument pas une obligation, et la question des revenus est plutôt accessoire, tant que vous montrez que vous gérez bien votre budget. C'est plutôt l'emploi en CDD qui risque de faire tiquer, mais ce n'est pas en lien direct avec vos capacités à devenir une mère adoptante !
Pour info, nous avons eu notre deuxième agrément alors que nous vivions en appart HLM, seul mon mari travaillait nous avions déjà deux enfants au foyer et pas de chambre prévue pour chaque enfant si un troisième arrivait. Le travailleur social nous a dit clairement qu'il préférait ça aux "couples qui ont accumulé beaucoup d'argent et qui aiment le montrer". Le fait que mon mari soit prof et moi mère au foyer étaient de biens meilleurs atouts que le côté matériel.
Tant qu'on parle finances, il faut bien savoir qu'une procédure d'adoption à l'étranger coûte au moins 15.000 euros, beaucoup plus pour certains pays (jusqu'à 40.000 euros).

Demander l'agrément pour deux enfants, en tant que solo, c'est risquer un refus. Depuis le temps que je traîne sur les forums ès adoption (plus de 12 ans), je n'ai vu qu'un seul solo (un homme) adopter deux enfants simultanément. Pour les couples c'est beaucoup plus courant ; être deux, pour accueillir deux enfants, ça me paraît indispensable... déjà qu'un seul enfant, ça peut être un véritable tsunami, alors deux !

Question durée de la procédure, tout va dépendre de votre projet. J'ai vu récemment une femme célibataire qui avait un projet orienté vers un enfant de moins de 8 ans et une ouverture à des particularités de santé, elle a envoyé son dossier en Chine et a adopté 5 mois plus tard seulement. J'ai vu d'autres femmes solos qui ont adopté au Vietnam, des enfants de 4-5 ans séropositifs, très rapidement également (l'attente entre l'apparentement et le voyage est plus longue et plus incertaine que pour la Chine, mais ça reste un pays accessible si le projet colle bien).
Donc c'est le projet qu'il faudra bien délimiter : c'est un délicat compromis entre la réalité du terrain et votre "enfant rêvé", au fond de vous. J'ajoute qu'en tant que célibataire, il faudra pouvoir se rendre disponible pour le suivi médical de l'enfant, les rdv para-médicaux, voire une scolarité adaptée... Tout ceci sera détaillé pendant les évaluations pour l'agrément.
Isa a écrit :Mon souhait : pouvoir adopter avant qu'il ne soit trop tard. Dans l'idéal, 2 enfants d'une fratrie, pas trop âgés tout de même mais pas forcément bébés (7 - 8 ans me semble le "maxi maximum"), qu'ils viennent de France ou de l'étranger, qu'ils soient en bonne santé ou non, m'importent peu dans le sens où, quand on a un enfant naturel, on ne choisit pas son caractère, son physique ou son état de santé. Je ne me vois pas "choisir" un enfant, je me vois avoir un enfant, l'aimer et lui apporter le maximum pour qu'il ait la meilleure vie possible, la seule chose qui me poserait problème c'est un enfant avec une espérance de vie courte. Toutefois, je comprends tout à fait que les enfants atteints d'une maladie ou d'un handicap puissent être un frein pour une famille (tout le monde souhaite que son enfant soit en bonne santé) mais il s'agit d'une responsabilité que je serais prête à assumer.
Je voudrais rebondir sur la notion de "choix de l'enfant" : on ne l'a pas non plus quand on a des enfants biologiques, je suis bien d'accord... mais quand même, la probabilité que son enfant bio nous ressemble côté caractère et "façon de raisonner" est quand même bien plus grande que pour nos enfants adoptés !
Mon mari et moi sommes parents de deux enfants bios (une fille de 13 ans et un fils de 4,5 ans) et deux filles adoptées (12 et 4 ans), et il est évident que nos enfants bios nous ressemblent. On sait comment leur expliquer les choses, on est plus facilement en empathie avec eux car ils ont des caractères proches des nôtres. C'est clairement moins évident avec nos deux adoptées, j'ai vraiment dû faire un travail pour apprendre à les connaître, à les comprendre, à saisir ce qu'elles ne comprennent pas quand je leur explique quelque chose (difficultés logiques chez ma grande, ce qui est courant chez les adoptés... et qui entraîne des situations parfois complexes, comme des mensonges à répétition qui prennent des proportions dingues, parce que l'enfant ne comprend pas que ça a des conséquences, il ne voit que l'instant présent).
Comparer les filiations biologique et adoptive n'a pas de sens. On ne peut pas non plus ignorer les "aides naturelles" que la grossesse apporte chez la future maman, pour accepter pleinement son enfant (de façon animale, j'entends), adorer son odeur et reconnaître le son de sa voix sans hésitation. Dans le cadre de l'adoption, ce côté animal n'est pas là, et je l'avais complètement sous-estimé, dans mon idéalisation de l'adoption... que je crois déceler chez vous ? ;)

Concernant l'état de santé de l'enfant : quand on attend un enfant bio, on l'acceptera - a priori - s'il a un souci de santé, en effet. Pour ma part, je ne pense pas que j'aurais choisi d'avorter si on avait décelé une trisomie 21, par exemple. Pourtant, je n'ai jamais eu le désir d'être maman d'un enfant trisomique, cela n'a jamais été inclus dans nos projets d'adoption. Nous avions fixé notre limite à la possibilité d'une scolarité "normale" et l'autonomie à l'âge adulte. Et lors de notre parcours - nous sommes passés par l'Agence Française de l'Adoption pour adopter notre petite dernière -, nous avons dû remplir un questionnaire détaillé qui listait différentes particularités, puis nous avons eu un rendez-vous avec le médecin et la psychologue, afin de délimiter au mieux notre projet, d'être aussi précis que possible. Car le jour où on nous propose un enfant, il faut alors prendre la lourde responsabilité de dire "oui" ou "non". Et devoir dire "non", c'est très difficile.
Alors, pour chaque particularité, nous nous sommes posé la question : "sera-ce une bonne nouvelle si on nous appelle pour nous proposer un enfant qui présente ceci ?"
La "particularité" n'est qu'une infime partie de ce qui définit l'enfant, mais que c'est quand même une des choses que nous pouvons maîtriser dans notre projet... avec la tranche d'âge et éventuellement le sexe et l'origine. (Nous n'avions aucune préférence quant au sexe ou à l'origine mais je comprends complètement que pour certains postulants ce soit un critère important.)

Tout l'intérêt de bien délimiter son projet, c'est que l'enfant qui arrive ne soit pas trop éloigné de l'enfant qu'on rêvait. Il sera forcément différent ! Mais s'il est TROP différent : plus âgé, ou au contraire plus jeune ; nécessitant des soins qu'on n'imaginait pas ; ou présentant un handicap qui l'empêcherait de pouvoir partager ce qu'on avait toujours imaginé partager avec lui... on peut, en tant que parent, avoir beaucoup de mal à accepter cet enfant pleinement comme le sien.

J'ajoute que, quand on construit son projet, il faut partir avec l'idée que ce sera la "limite haute" qui arrivera : si on a un agrément pour un enfant de 0 à 8 ans, on a de fortes chances de se voir apparentés à un enfant de 8 ans. Si on a un agrément ouvert à différentes particularités, il faut s'attendre à devoir gérer la plus lourde. Car les OAA qui sélectionnent les dossiers recherchent des candidats toujours plus ouverts. D'où la nécessité d'être sûr et certain de ses limites et ne surtout pas s'ouvrir "un peu plus" en espérant que ce sera "quand même moins"... Il faut être convaincu que, quel que soit l'enfant qui arrivera (dans la limite de son projet), ce sera vécu comme une formidable chance ! Pour notre deuxième projet d'adoption, nous avions des ouvertures "intéressantes", notamment le VIH et les malformations ou agénésie de membre. Finalement, nous avons adopté une petite fille en parfaite santé. Plusieurs personnes m'ont dit que nous avions eu de la chance. Je comprends bien ce qu'ils veulent dire... sauf que si nous avions adopté un enfant séropositif, nous l'aurions vécu comme une aussi grande chance. Si nous avions adopté un enfant né avec un bras en moins, idem. Et si c'était un enfant séropositif ET avec un bras en moins ? Ç’aurait été une chance incroyable, j'aurais eu le sentiment que nous étions faits pour nous rencontrer ! :D

Pour finir, il existe un groupe de discussion pour les adoptants célibataires : https://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/ ... nsolo/info

Delphine
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Isa
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Isa » jeu. 25 janv. 2018 19:12

Bonjour Delphine,
Je vous remercie beaucoup pour votre réponse. Celle ci me rassure parce qu'elle veut dire qu'il ne s'agit pas d'un rêve inaccessible.
C'est vrai qu'avoir un enfant très jeune et en bonne santé est quand même l'idéal. J'avoue que je n'avais pas distingué un enfant bio (qu'on aime naturellement) et un enfant adopté (qu'on doit apprendre à aimer et, certainement, qui doit apprendre à nous aimer), merci pour ce "rappel à l'ordre" si je puis dire.
Je pensais également qu'il était plus facile d'adopter une fratrie et je m'imagine que ça peut être une bonne chose pour un enfant d'avoir un frère ou une sœur biologique près de lui (je me trompe peut-être mais il doit arriver un moment où l'enfant est en manque de repères ?)
L'adoption fait complètement partie de mon projet de vie. J'y pense depuis longtemps, je commence à me pencher vraiment sur le "sujet" (le sujet entre guillemets parce que je parle du sujet de l'adoption bien sûr) mais j'aimerais pouvoir adopter avec un papa.
Je vous remercie encore infiniment de votre bienveillance et de votre intérêt.

chrischris
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par chrischris » jeu. 25 janv. 2018 21:31

Bienvenue ici. Delphine a tout dit donc rien à rajouter :)

Isa
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Isa » ven. 26 janv. 2018 14:01

Bonjour :)
Merci pour l'accueil

DianeH
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par DianeH » ven. 26 janv. 2018 14:56

Bonjour Isa, je rejoins l'avis de Delphine. Franchement, je trouve ton projet pas déconnant du tout : tu as bien réfléchi à tes motivations, ta profession te permet d'avoir une idée de la réalité d'éventuelles particularités médicales (point qu'il sera pertinent de creuser avec une COCA quand tu te lanceras pour de bon), tu te poses (selon moi) les bonnes questions.

Alors, certes, adopter en solo est plus difficile qu'en couple, mais ce n'est pas impossible. Une jeune femme de mon département a pu adopter seule un enfant en bas âge, donc c'est jouable!

Isa
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Isa » ven. 26 janv. 2018 19:04

Bonjour Diane,
Merci beaucoup, vraiment. Tu sais, j'avais très peur d'être prise pour une folle.
Au contraire, je ne trouve pas mes motivations sérieuses dans le sens où je ne sais pas vraiment pourquoi je veux adopter. Une personne qui ne peut pas avoir d'enfants et qui veut adopter, ça parait logique ; moi, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas un geste humanitaire non plus. Je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai envie d'avoir un enfant par une adoption, c'est juste que je ne me vois fonder une famille que comme ça. En ce moment je fais la fière parce que ce n'est encore qu'un projet, je pense que le jour où je pourrais sauter le pas je serais pleine de doutes. Le quotidien avec un enfant adopté ne doit pas être facile : comment expliquer?, la recherche des origines, des repères familiaux, peut-être même des réflexions pas très agréables (tu n'es pas ma mère) ; enfin, j'imagine que ce n'est pas évident au quotidien.
Je suis impressionnée et extrêmement touchée par votre gentillesse et votre bienveillance à mon égard.
Merci beaucoup

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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Delphine » sam. 27 janv. 2018 00:56

Isabelle,
mon mari et moi avons fait le choix d'adopter alors que nous aurions pu avoir d'autres enfants biologiques. Je pense que, quelque part, il y a une part de ce qu'on peut appeler de "l'humanitaire" : nous avons fait ce choix avec l'idée que c'était une bonne chose pour un enfant que d'avoir des parents. Et nous pensions que nous serions des parents "suffisamment bons" comme le dit Winnicott. Disons que je trouve que c'est plus "humain" que "humanitaire", car ce mot pourrait laisser penser que nous avons adopté par pitié, alors que pas du tout. Au contraire nous sommes tellement admiratifs devant la force de caractère de nos filles adoptées, qui sont des battantes, des survivantes. Ce sont elles qui sont venues nous combler, enrichir notre famille par leurs personnalités... si complexes, avec leurs défis à relever, mais tellement enrichissantes...

Quand on nous demande : "pourquoi avez-vous voulu adopter ?", la réponse la plus exacte qui nous vient est : "et pourquoi pas ?"
Et oui, pourquoi ne l'aurions-nous pas fait ?
Certains ont dans l'idée qu'il ne pourraient pas considérer cet enfant vraiment comme le leur. Et bien, nous si.
Certains ont peur de se compliquer la vie, de devoir faire face à des enfants "à problème", surtout à l'adolescence... Et bien, nous non.
Certains ont l'impression que déraciner un enfant est trop grave. Eh bien, nous nous considérons que le fait d'avoir une famille est bien plus important que de rester dans son pays d'origine à tout prix.
Bref, à chaque motif "contre", nous ne nous sentons pas concernés... alors, pourquoi ne pas nous y lancer ?
Nous considérons que l'adoption était une façon de "joindre l'agréable à l'agréable" : pour nous, agrandir la famille ; et pour l'enfant, avoir enfin une famille. Bon, cette vision est très "bisounours", la réalité est bien plus complexe et l'adoption est pleine de risques qui sont très loin d'être "agréables"... Mais dans notre idéalisation de l'adoption en début de parcours, c'est comme cela que nous l'avions formulé.
Et cela a suffit pour nous faire comprendre. Comme quoi, ne pas avoir de réponse vraiment argumenté mais simplement "le sentir", ça peut suffire !
maman de 4 enfants : S. 14 ans, E. 13 ans (née en Ethiopie), A. 5 ans et L. 5 ans (née en Chine)

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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Isa » sam. 27 janv. 2018 01:10

"Humain"!!! Merci, tu as mis un mot sur ce que je ressens. L'adoption est un geste humain, c'est exactement ce que je ressens.

Patricia01
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Re: Je pense à adopter...un jour

Message non lu par Patricia01 » dim. 28 janv. 2018 18:23

Moi je ne trouve pas ce projet totalement irréaliste, je ne vois pas pourquoi partir du principe que ce serait impossible.
Un seul bémol : avec de faibles ressources, il sera clairement difficile d'adopter à l'étranger, parce que ça coûte un bras. Mais il existe des enfants adoptables en France, et vous rentrez totalement dans les critères.
Il n'y a pas de critères de ressources en France (bon, ils vont quand même vérifier que vous ne vivez pas dans une caravane, et peut-être ne pas vous confier d'enfant tant que vous n'avez pas un emploi stable, ce qui n'exclut pas de commencer les démarches dès à présent).
Puis on peut comprendre que vous n'ayez pas envie d'attendre de trouver peut-être l'homme de votre vie pour vous lancer dans ce projet qui vous tient à coeur, et donc, vous le faites en célibataire.
Bref.... lancez-vous, faites un petit courrier au conseil général et allez à la réunion d'information, et rencontrez des familles adoptives et si possible des femmes ayant adopté en solo (rapprochez-vous de l'antenne EFA locale pour avoir des contacts). Ça vous aidera à y voir plus clair !


Pour rebondir sur ce qu'explique Delphine : effectivement, au niveau caractère, nos filles adoptives sont très différentes de nous, et la différence serait peut-être moindre avec un enfant biologique, d'autant qu'une partie de leur personnalité vient de leur vécu. Entre l'hyperactivité de la grande et les colères incessantes de la petite, pour nous qui sommes plutôt calmes et patients, c'est parfois houleux... On découvre aussi le monde du handicap (non prévu) car la grande a un léger retard intellectuel (ou multidys+TDAH, selon les diagnostics), et la difficulté à aider scolairement une petite qui refuse toute aide et n'admet pas qu'elle ait pu se tromper (et se met dans des colères noires à la moindre contrariété). Quand on voit nos neveux et nièces, on mesure la différence... liée peut-être davantage à leur vécu pré-adoption qu'à quelque chose d'inné, on n'en saura jamais rien.
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 12 et 8 ans

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