Agrément pour célibataire avec handicap

Questions relatives aux premières démarches et à l'agrément.
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Salade bleue
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Agrément pour célibataire avec handicap

Message non lu par Salade bleue » mar. 11 août 2020 02:01

Bonjour,

Cela fait plusieurs années que je désire un enfant. Il y a 3 ans j'ai reçu un diagnostic de maladie génétique qui a remis en question ce projet. Sachant qu'il n'y a pas de gène identifié, et qu'une grossesse peut amener des complications, je me suis renseignée sur l'adoption dès la découverte du diagnostic.

J'ai 30 ans et je je suis célibataire depuis 2 ans. Je ne souhaite pas attendre d'avoir trouvé l'âme sœur avant de lancer des démarches. Cependant je me pose un certain nombre de questions, pour lesquelles j'espère que vous saurez m'apporter des éléments de réponse :

- je fais en ce moment une demande de RQTH. La médecin m'a conseillé de spécifier mon état de santé "au pire" (maladie chronique avec symptômes fluctuants). Est-ce que ce dossier pourrait ensuite me pénaliser lors d'une future demande d'agrément ?

- les difficultés principales liés à ma maladie sont des douleurs avec des restrictions de mobilité, ainsi que de la fatigue chronique. À votre avis, est-il réaliste d'espérer obtenir un agrément dans cette situation ? En dépit de ces difficultés, j'ai obtenu un doctorat il a 3 ans et je travaille à l'Université comme chercheuse et enseignante. J'ai des revenus régulier et confortables bien que pas encore de CDI.

- ma recherche d'emploi pourrait m'amener à déménager n'importe où en France. Qu'en est-il de la vraiment lorsqu'on déménage ? Je me demande si c'est intéressant de lancer une demande tout de suite, ou s'il vaut mieux attendre encore quelques années d'avoir un poste définitif.

- une question qui me turlupine beaucoup : je vis en colocation dans une grande maison avec 7 personnes dont plusieurs couples. J'ai déjà vécu seule, en couple, célibataire en colocation, ou en couple en colocation. La vie en communauté est vraiment ce qui me convient le mieux, mais je m'interroge (1) sur l'adéquation de ce mode de vie avec l'adoption d'un enfant (2) sur l'impact négatif que le fait de vivre en colocation peut avoir sur mon dossier de demande d'agrément. De mon point de vue la vie en communauté est une bonne chose, puisqu'elle permet de donner un cadre plus familial et d'offrir des modèles variés a un enfant. D'un autre côté, je ne suis pas sûr que cela convienne pour l'adoption d'un enfant, qui aura certainement besoin de repères solides. Actuellement, j'envisage autant une vie en colocation qu'en duo mère-enfant. Avez-vous une opinion ? Pensez-vous qu'un enfant candidat à l'adoption trouverai mieux son compte dans une structure familiale plutôt "classique" auprès d'une mère célibataire, ou qu'au contraire la richesse apporté par la vie au sein d'une communauté serait bénéfique ? Si vous avez des lectures à ce sujet ça m'intéresse. J'ai peur de donner l'impression d'être marginale, alors même que ma vie avec mes colocataires est comme une vie de famille.

- J'ai aussi un trouble bipolaire. Mon traitement est extrêmement efficace. Les premiers symptômes ont débuté il y a 5 ans, j'ai été diagnostiqué il y a 3 ans. Et ma vie est réellement la même que les autres. À part que je prends des médicaments. Mon psychiatre pourra très facilement attester de cela. Mais j'ai peur qu'extérieurement on me juge comme potentiellement plus fragile, et que ça plus le handicap physique m'empêche d'obtenir un agrément.

- mon projet d'adoption, qui n'est pas encore mûr, concernerait un enfant âgé de 2 a 6 ans (voir +) avec ou sans besoins spécifiques. De par mon travail, j'ai une expérience avec le handicap, en particulier cognitif. Je ne souhaite pas me diriger vers un enfant très lourdement handicapé mais je pense qu'à mon expérience pourrait faire de moi un parent particulièrement adapté à l'accueil d'un enfant ayant un profil cognitif particulier, ou un handicap physique. Concrètement, j'imagine qu'en tant que femme célibataire j'aurais plus de chance d'adopter un enfant a besoin spécifique, et accueillir de tels enfants me semble tout à fait réalisable, cependant compte-tenu de ma santé je sais qu'il y a une limite à respecter. Parce que j'ai une fatigabilité plus importante que la moyenne. Donc même si j'ai déjà plein de cartes en main pour "gérer" un enfant a besoin spécifique, je suis aussi plus fatiguée que la moyenne pour élever un enfant tout court. L'un dans l'autre, je ne sais pas pour l'instant quel est le projet le plus pertinent. A la fois sur ce qui est souhaitable, et sur ce qui est réalisable compte tenu de la réalité des adoptions.

Je remercie d'avance celles et ceux qui pourront prendre le temps de me donner quelques éléments de réponse.

Morgane

Fifoune
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Re: Agrément pour célibataire avec handicap

Message non lu par Fifoune » mar. 11 août 2020 15:01

Bonjour,

Disons que tu cumules les "difficultés" (je mets des guillements car visiblement ce n'en sont pas dans ton quotidien et tu sembles réfléchie) aux yeux des services adoption et conseils de famille, qui préfèreront toujours une famille traditionnelle pour les enfants à placer (i.e. couple hétéro marié, ni trop jeune ni trop vieux, stable, etc). On peut discuter du bien fondé de cette vision de la famille, mais c'est un fait.

Si tu te prépares bien et que tu es armée, tu pourras sans doute obtenir ton agrément. La question est : pourras-tu faire aboutir ton projet ensuite ? Les conseils de familles n'attribuent que très rarement des enfants pupilles à des célibataires, et à l'étranger les pistes sont de plus en plus rares (et souvent les dossiers médicaux des parents étudiés de près).

Après j'aurais tendance à dire : qui ne tente rien n'a rien. Tu peux demander ton agrément, voir comment ton projet est ressenti par les travailleurs sociaux et éventuellement le faire évoluer (je pense par exemple que la vie en communauté n'est pas adaptée à l'accueil d'un enfant qui aura besoin de repères clairs quant à la place de chacun dans sa vie, et culturellement je pense que ça ne passera ni pour un dossier en France ni à l'étranger). Et puis ensuite voir si des pistes s'ouvrent.

Bonne réflexion,
Delphine
Delphine (43 ans) maman d'une puce de 15 ans (Haïti, 2009), d'un ptit gars de 10 ans (RDC, 2016), et d'un mini gars de 5 ans (France, 2019).

Patricia01
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Re: Agrément pour célibataire avec handicap

Message non lu par Patricia01 » mer. 12 août 2020 21:50

Effectivement, tu cumules les "handicaps" (le plus compliqué étant à mon avis le célibat).
Pour ce qui est des soucis de santé, il y a une visite médicale à passer, ils sauront mieux évaluer si cette fatigabilité peut être un problème (un enfant adopté est souvent plus épuisant qu'un autre).
Pour ce qui est de la vie en communauté, je n'ai pas d'avis tranché, ça ne me choque pas sur le moyen terme.
Mais mieux vaut se montrer très ouvert sur la question, et expliquer que tu envisages de changer de logement avant son arrivée. Il est très important, au tout début, de vivre dans une bulle avec l'enfant, pour bien créer le lien (plusieurs mois minimum, voire années). Rien n'empêchera de faire évoluer ça plus tard.
Pour ce qui est des handicaps et autres particularités, il faut prendre le temps de te renseigner. Il en existe sûrement certains plus ou moins compatibles avec tes propres soucis (enfant séropositif, souci de santé avec suivi pas trop lourd, trouble cognitif... qui peut être lourd): à toi de bien poser tes limites, comme tu as commencé à le faire.
Bonne réflexion !
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 15 et 11 ans

Salade bleue
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Re: Agrément pour célibataire avec handicap

Message non lu par Salade bleue » sam. 15 août 2020 01:40

Bonjour,

Merci pour vos deux réponses qui m'éclairent déjà un peu plus.
:) Je sais en effet qu'au-delà de l'agrément il n'y a pas de garantie de se voir cobfier un enfant. Mais en l'absence de couple, je suis motivée a tenter une demande d'agrément, quitte a en refaire un autre plus tard, plutôt qu'attendre d'avoir d'abord rencontrée l'âme soeur.

Merci !

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