Réunion d'information... et après??

Questions relatives aux premières démarches et à l'agrément.
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Marsim76
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Réunion d'information... et après??

Message non lu par Marsim76 » dim. 2 avr. 2017 22:44

Bonjour à tous,
Je suis le forum depuis septembre 2016, date de la décision de nous lancer sur le long chemin de l'adoption... et, je passe enfin à l'écrit... :D
Voilà notre histoire : nous sommes en couple depuis 6 ans, marié depuis août 2016, nous avons deux enfants. Mon grand vient d'avoir 10 ans, et notre petit dernier va sur ses 3 ans. L'adoption a été l'un de nos sujets de conversation dès notre rencontre, et est réapparu à différentes étapes de notre vie de couple.
Depuis notre mariage, nous souhaitons agrandir la famille, mais nous ne voulons pas passer par la grossesse.
Maintenant que nous avons atteint une certaine stabilité, enfin que nous correspondons aux critères (mariage, emploi, maison...), cela nous semble être le bon moment. Nous avons donc agrandi notre bibliothèque, élargi nos connaissances sur le sujet. Puis, courrier envoyé à l'ASE en octobre, nous avons assisté aux réunions, nous avons le dossier de demande d'agrément depuis février, mais depuis... nous en avons très peu parlé, pas le temps? Pas eu l'occasion? Pas l'envie?
Je pense que nous sommes chacun de notre côté dans notre cheminement.
Plein d'interrogations (pupille de l'état et/ou international, besoins spécifiques...), de peurs (équilibre familial, échec de l'adoption, agrément sans issue...), culpabilité (par rapport aux demandes de couples n'ayant pas d'enfant, comparé au nombre d'enfants en attente d'une famille...)
Je pense que ce questionnement est nécessaire, mais me semble long, et peur que cela devienne un blocage, qu'il devienne stérile avec le temps.

Nous posons-nous les bonnes questions? Faut-il s'informer davantage, ou pas trop? Comment vivre l'attente? Se projeter, pas se projeter? en parler avec notre entourage ou pas?......
Êtes-vous passés par là?

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kaakook29
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Re: Réunion d'information... et après??

Message non lu par kaakook29 » lun. 3 avr. 2017 06:37

Bonjour,

quel est votre age à chacun? Cela va etre un point important vis à vis de l'enfant que vous souhaitez adopter...

De plus, l'enfant adopté devra etre plus jeune que votre dernier.

En parler à l'entourage est vivement conseillé car en cas de coup dur, ils seront la... Si ils ne comprennent pas, alors tournez la page sur eux...
Ma mere n'a pas voulu entendre parler de l'adoption car elle nous jugeait trop jeune ( 29 ans à l'agrement) et qu'elle aurait souhaiter que l'on pousse les PMA jusqu'à la limite... Nous avons adopté 22 mois apres l'agrement, des jumeaux à Madagascar, ils auront 6 ans dans 10 jours. On les a rencontré il y a un peu plus d'un an...

Ne pas hésitez à participer à un groupe de parole EFA cela pourra eclairer vos idees et aider à fixer votre projet.

Bon cheminement.
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Marsim76
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Re: Réunion d'information... et après??

Message non lu par Marsim76 » lun. 3 avr. 2017 10:53

Bonjour,
Oui, c'est vrai je n'ai pas précisé,nous avons 32 ans tous les deux.
Pour ma part, pour l'âge de l'enfant, oui je souhaite que l'enfant soit le petit dernier de la famille, afin de préserver la fratrie, et qu'il ait vraiment sa place, son histoire, dans l’évolution de la famille.
Par contre, plus de 6-7 ans (car avec les démarches, le temps va vite passer) me semble difficile : premiers contacts, prise de repères, place dans la famille, barrière de la langue et le saut rapidement en collectivité avec l’école. Car oui, je ne sais pas pourquoi, je me projette plus avec un enfant de l'international.
Même si je sais que "les frontières" se referment pour l'adoption, les réunions nous ont un peu découragés... pour eux, parlent plus des pupilles de l'état, et du parrainage.
Pour les besoins spécifiques, on travaille dessus, les particularités physiques ne posent aucun souci, pour le reste.., on réfléchi, peur d’être influencé, par rapport, au désir d’accélérer ou de rendre réalisable ce projet, et le fait que nous sommes du milieu médical et paramédical. Ce qui est certain pour le moment, les particularités physiques ne nous posent aucun souci, le regard des autres non plus, pour le handicap sensoriel non plus, mise à part se renseigner sur les services en terme de suivi autour de chez nous, pour la qualité de vie de nous tous (nous sommes en campagne). Et,nous souhaitons l'autonomie à l'âge adulte (pour préserver ses frères).
Mais, comment être certain d'assumer au quotidien?? tant que nous n'y sommes pas confrontés, et c'est étrange de faire ce choix, alors qu'évidemment cela arrive à quiconque sans être préparé, alors même en se préparant, peut-on être vraiment prêt tous les jours??
Pour l'entourage, j'ai commencé par en parler à ma mère, une fois le courrier envoyé, j'ai sollicité mon mari pour qu'il informe sa maman de notre projet,mais seulement une fois. Peut-être pour prendre la température? qu'ils soient au courant et surtout pour le verbaliser un peu. Mais nous ne voulons pas étendre le sujet, ou trop en discuter, tant que notre projet n' est pas ficelé, et que nous soyons prêt, "blindé", par peur d'être influencé, et que cela reste Notre projet, personnel, avec nos limites et nos ouverture. J'en ai parlé un peu plus avec ma sœur, avec qui je suis très proche, surtout au retour des réunions. Elle m'écoute mais ne se prononce pas, et c'est vrai que sa première réaction trotte un peu dans la tête " mais pourquoi chercher les difficultés, alors que vous avez déjà une belle petite famille recomposée, ce qui n'est pas donné à tout le monde" .....
Donc, c'est vrai que nous verbalisons peu autour de nous, seulement entre nous, à notre plus grand fils aussi, qui nous a donné "son accord"(enfin avec sa réaction à chaud, puis à froid) avant de nous lancer dans les démarches. Comment gérer l'attente avec lui aussi?? pour l'instant, on le tiens au courant furtivement, sait pour les réunions...mais on ne lui en parle pas, c'est lui qui demande de temps en temps où en est le projet, donc sait que c'est très long, que cela est un projet très réfléchi, et qui peut éventuellement ne pas aboutir.
On veut préserver tout le monde, mais aussi les faire réfléchir (mais pas trop), en douceur sur ce projet, sur cette attente, sur cette possible stérilité de projet, pour nous préserver aussi... pas évident...
Pour le groupe de parole, j'y pense, mais ce n'est pas vraiment dans notre nature de parler de nous, plus l'habitude à écouter et aider les autres... :D
C'est pour cela que je me lance dans l'écriture grâce à ce forum, pour commencer :P
Et, c'est pas mal pour un début, ça m'aide déjà, à structurer "ma pensée", car un peu le bazard avec toutes ces questions et ces incertitudes.. :)
oups,désolée un vrai roman!!! :?

Merci, pour votre partage d'expérience!
22 mois, de plus à l' étranger, cela me rassure un peu...

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Delphine
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Re: Réunion d'information... et après??

Message non lu par Delphine » lun. 3 avr. 2017 16:32

Bonjour !

Eh bien, chacun a sa propre implication, chacun vit la procédure à sa façon. Personnellement, quand j'étais en démarche d'adoption, j'avais la tête dans le guidon. Chaque jour je venais sur les forums, les sites, à l'affut de la moindre petite information non significative... il FALLAIT que je sache, c'était vital !!! :lol:
A tel point que quand notre première adoption a abouti avec l'arrivée de notre fille... j'ai dû faire une sorte de "deuil de la procédure" : la projection et le rêve devaient laisser place à l'enfant réel, et ça n'a pas été facile.
En fait, j'envie ceux qui arrivent à se détacher de l'attente ! Ceux qui arrivent à conserver une vie normale alors que leur dossier est dans un bureau à l'autre bout du monde...
De son côté, mon mari s'est laissé porter. Il n'est pas du genre à se projeter (carpe diem)... Il n'a commencé à se plonger dans des bouquins que quand on a été acceptés par notre OAA ! ;) Heureusement que j'étais là pour mener la barque sinon on n'aurait jamais abouti.


Sinon, concernant nos expériences :

Premier agrément obtenu en mai 2005 ; nous avions une fille biologique, qui n'avait que 11 mois à la réception de l'agrément. Notre projet portait sur un enfant plus jeune qu'elle, pouvant présenter une particularité "réversible". Nous avons été acceptés par un OAA, pour l'Ethiopie, et avons adopté notre deuxième fille en septembre 2006, soit 16 mois après l'agrément. Notre petite puce avait 11 mois et une très légère particularité.

Deuxième agrément reçu en août 2014. Entre temps nous avons eu un fils biologique ; à la réception de l'agrément nous avions donc 3 enfants, âgés de 10 ans, 9 ans et 18 mois ! Notre projet était à nouveau pour un enfant plus jeune, et avec une ouverture sur les particularités un peu plus large que lors de notre première démarche : nous étions ouverts au VIH et hépatites, aux malformations ou agénésies de membre, paralysie partielle, handicap sensoriel appareillable. Avec une limite à l'autonomie et la possibilité d'une scolarité "classique".
Dès réception de notre agrément nous nous sommes tournés vers l'AFA, pour la Chine. Nous avons adopté notre petite quatrième en novembre 2015, soit 15 mois après l'agrément. Notre fille avait 25 mois et présente ce qu'on appelle une "inconnue de développement" à cause d'un passé médical lourd, mais en fait, elle est en parfaite santé et a un développement tout à fait normal.
Marsim76 a écrit : Puis, courrier envoyé à l'ASE en octobre, nous avons assisté aux réunions, nous avons le dossier de demande d'agrément depuis février, mais depuis... nous en avons très peu parlé, pas le temps? Pas eu l'occasion? Pas l'envie?
Je pense que nous sommes chacun de notre côté dans notre cheminement.
Plein d'interrogations (pupille de l'état et/ou international, besoins spécifiques...), de peurs (équilibre familial, échec de l'adoption, agrément sans issue...), culpabilité (par rapport aux demandes de couples n'ayant pas d'enfant, comparé au nombre d'enfants en attente d'une famille...)
Je pense que ce questionnement est nécessaire, mais me semble long, et peur que cela devienne un blocage, qu'il devienne stérile avec le temps.
Vos questionnements et doutes me semblent une preuve de lucidité... que tout le monde n'a pas, moi la première ! Je vivais en "mode bisounours" avant l'arrivée de notre première fille adoptive. J'avais lu sur le sujet des adoptions difficiles, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'idéaliser ce que serait NOTRE adoption. Je vivais cette démarche d'adoption comme une évidence, je ressentais un tel amour pour ce futur enfant !
Or, c'est justement sur nous que ce sont abattues les difficultés d'attachement. Dans les deux sens : notre fille nous repoussait - elle repoussait tout contact, avec qui que ce soit -, et moi de mon côté j'ai mis du temps à l'accepter pleinement comme ma fille. Je me suis souvent dit qu'il aurait peut-être mieux valu pour elle de tomber dans une famille sans enfant, qui n'aurait pas pu faire de comparaison, et surtout qui aurait eu toute la place pour elle. Cette première adoption difficile nous a bien remis les pieds sur terre et beaucoup fait réfléchir avant de commencer une deuxième procédure... Avec des moments de doute et même d'angoisse, que je n'avais pas connus lors de notre première démarche.

Culpabilité par rapport aux couples sans enfant ? Non, d'une part parce que je suis convaincue que nous sommes une "famille suffisamment bonne" (comme le dit Winnicott) pour y accueillir un enfant (et en plus, pour certains enfants, la présence de grands frères/soeurs est un atout, c'est le cas pour notre petite dernière) et d'autre part parce que nos projets ont été orientés dès le départ vers des enfants plus difficilement adoptables. Le "monde de l'adoption" se charge de favoriser les couples sans enfant : impossibilité pour nous, déjà-parents, d'adopter un pupille de l'Etat (à moins d'avoir un projet très ouvert) et refus systématique de la grande majorité des OAA. (Un OAA m'a quasiment raccroché au nez quand j'ai dit que nous avions déjà 3 enfants. Peu importait nos ouvertures !)
Marsim76 a écrit : J'en ai parlé un peu plus avec ma sœur, avec qui je suis très proche, surtout au retour des réunions. Elle m'écoute mais ne se prononce pas, et c'est vrai que sa première réaction trotte un peu dans la tête " mais pourquoi chercher les difficultés, alors que vous avez déjà une belle petite famille recomposée, ce qui n'est pas donné à tout le monde" .....
Chez nous aussi c'était LA question : mais pourquoi ??? Eh bien... Pourquoi pas ? Cette façon d'agrandir la famille nous paraissait tellement naturelle, tellement humaine tout simplement. Ceci dit, j'avoue que dans les moments vraiment difficiles, je me la pose aussi cette question ! Si nous n'avions pas opté pour l'adoption, ça nous aurait épargné bien des soucis (et je compte ceux à venir aussi :roll: ). On trouvera toujours quelqu'un qui dira "mais avec les enfants biologiques aussi c'est compliqué"... sauf que non, ça n'a rien à voir. Mais parallèlement, quelle richesse ! J'en ai plus appris sur moi à travers ces adoptions que je ne l'aurais fait par une psychanalyse... Mes forces et surtout mes faiblesses ont été révélées au grand jour...
Marsim76 a écrit : Pour les besoins spécifiques, on travaille dessus, les particularités physiques ne posent aucun souci, pour le reste.., on réfléchi, peur d’être influencé, par rapport, au désir d’accélérer ou de rendre réalisable ce projet, et le fait que nous sommes du milieu médical et paramédical. Ce qui est certain pour le moment, les particularités physiques ne nous posent aucun souci, le regard des autres non plus, pour le handicap sensoriel non plus, mise à part se renseigner sur les services en terme de suivi autour de chez nous, pour la qualité de vie de nous tous (nous sommes en campagne). Et,nous souhaitons l'autonomie à l'âge adulte (pour préserver ses frères).
Mais, comment être certain d'assumer au quotidien?? tant que nous n'y sommes pas confrontés, et c'est étrange de faire ce choix, alors qu'évidemment cela arrive à quiconque sans être préparé, alors même en se préparant, peut-on être vraiment prêt tous les jours??
J'avais recueilli pas mal de témoignages de parents adoptants, cela m'avait beaucoup aidée à déterminer ce qui collerait avec notre famille. Alors que ce projet de deuxième adoption me titillait, j'étais en contact avec une maman qui avait adopté un enfant né avec des amputations congénitales et ça m'a sauté aux yeux que ce type de projet me correspondrait tout à fait. Ce n'était pas "pour aller plus vite", même si je savais bien qu'une ouverture de ce type nous ouvrirait des portes !
De son côté, mon mari était ouvert quasiment à tout, sauf au handicap mental. Mais il faut dire que ce n'est pas lui qui gère les conduites, en cas d'hospitalisations / opérations / rééducation / suivi médical / bilans de santé... Avec d'autres enfants à gérer au quotidien, ça m'avait poussée à mettre de côté certaines particularités...

Quand vous réfléchissez aux particularités médicales, vous pouvez vous poser une question, qui vous permettra de faire le tri entre ce que vous acceptez pleinement et ce qui vous êtes "tentés d'accepter pour vous ouvrir des portes" :
"Si demain on m'appelle pour un enfant présentant cette pathologie, vais-je bondir de joie ou prendre peur ?"

Voilà ce qui me vient en tête pour le moment ! (seulement ça ? :lol: )

Delphine
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Marsim76
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Re: Réunion d'information... et après??

Message non lu par Marsim76 » mar. 4 avr. 2017 08:39

Merci de me livrer votre histoire, et quelle belle histoire!!
Malgré les difficultés rencontrées avec votre deuxième fille, vous avez poursuivi avec un deuxième projet d'adoption.
eh bien chapeau! Et je me dis que le jeu en vaut la chandelle, que ça doit être une belle et riche aventure comme je l'imagine!!

Merci beaucoup d'avoir pris autant de temps à me répondre!!!
Ca nous recharge les batteries, on reprend le dossier, "qui ne tente rien n'a rien" :D
Bonne journée

Patricia01
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Re: Réunion d'information... et après??

Message non lu par Patricia01 » mar. 4 avr. 2017 22:43

Bah, le témoignage de Delphine résume tout !

Pas de culpabilité à avoir par rapport aux couples sans enfant, si vous êtes ouvert à des profils d'enfant qui justement ont du mal à trouver des familles. Un conseil, laissez ouvertes à la fois la porte "pupille" et la porte "international", lancez le plus de piste possibles, il faut avoir un peu de chance. Essayez de réfléchir aux particularités en termes de besoins au quotidien (avez-vous tout ce qu'il faut à proximité pour y répondre, et la disponibilité nécessaire), et de peur/confiance face à la particularité.
Pour notre cadette, nous étions ouvert à toute sorte de malformation physique, aux hépatites, à des maladies ne nécessitant pas un suivi trop poussé (nous avions déjà une grande qui avait besoin de nous, il fallait garder un équilibre), avec comme limite : l'autonomie à l'âge adulte et la possibilité d'une scolarisation normale. Finalement, elle a une hépatite, c'est rien du tout (et d'ailleurs plus vraiment considéré comme une particularité), tant que ça ne se déclenche pas... Par contre la grande a révélé une dyspraxie puis un TDAH puis une dysphasie, le dernier diagnostic en date parle de retard intellectuel global, et elle ira en IME l'an prochain.... pour le coup c'est bien au-delà de nos limites, mais bon, on fait comme tout parent confronté au handicap, on s'adapte.

Et effectivement, au quotidien, ça finit par être usant, de courir de rendez-vous en rendez-vous, avec cette angoisse permanente pour son avenir. Usant aussi, les colères perpétuelles de la plus petite qui a besoin d'exister à côté de sa soeur envahissante (et, comme beaucoup d'enfant adoptés, elle a une incapacité à réguler ses émotions, elle va se mettre dans des colères énormes pour rien, et rien ne peut la calmer.... quand c'est en pleine nuit, suite à un cauchemar, et que ça dure 2h, on est dans un état lamentable le lendemain.... à une période c'était toute les nuits...).
Un enfant adopté c'est souvent plus fatiguant qu'un enfant fait maison, parce que leur passé a créé des traumatismes qui s'expriment de façon pas toujours simple à gérer : la difficulté à réguler ses émotions, le manque récurrent de confiance en soi, la spirale de l'échec, la peur perpétuelle de l'abandon, le besoin d'être parfait ou au contraire de tester les limites... ils ont des blessures que n'ont pas les enfants "ordinaires" et nous obligent à inventer d'autres façon de nous comporter, car les conseils "bateau" ne s'appliquent pas. Par exemple j'ai promené ma petite puce en écharpe de portage pour qu'elle puisse faire la sieste, 2h par jour, pendant des mois et des mois : elle hurlait dans son lit. Le soir je devais rester pour qu'elle s'endorme. Ma grande a une terreur absolue du bruit et on renonce aux carnavals, feux d'artifices, fanfares... Elle a dormi dans notre chambre pendant plusieurs mois, vers l'âge de 7 ans, parce que ses angoisses d'abandon étaient devenues trop envahissantes. On ne peut toujours pas la laisser seule à la maison, malgré ses 11 ans, elle panique. La petite a mis des années à ne pas être traumatisée quand elle perd à un jeu, et accepte toujours très très mal d'avoir faite des erreurs dans ses devoirs (et vu l'ampleur de ses colères, son intolérance à la frustration, le quotidien est parfois un combat).

Effectivement, pourquoi se compliquer la vie quand on peut avoir des enfants biologiques ? On va vous poser la question, y compris pendant les démarches d'agrément. En même temps, tisser un lien avec ce petit bout venu d'ailleurs, c'est tellement magique... vraiment c'est incroyablement fort !

Et je confirme ce que dit Delphine, ça réveille très vite toutes vos failles et fragilités,entant qu'individus et en tant que couple (d'où l'importance d'avoir détecté les principales failles pendant l'agrément)

Bon courage !
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 12 et 8 ans

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