Adoption et parentalité "de hippie"

Pour échanger sur la vie de tous les jours, parler des soucis et joies rencontrées : adaptation, scolarité, difficultés relationnelles ou comportementales.
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Maman Chèvre
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Adoption et parentalité "de hippie"

Message non lu par Maman Chèvre » mar. 26 mars 2019 01:56

Bonjour,

Je viens déjà de poster un message ailleurs pour discuter de l'adoption quand on a déjà des enfants bio et qu'on voudrait adopter plusieurs enfants. Je posais des questions spécifiques concernant l'âge (parents, enfants bio, enfants adoptifs), l'adoption de fratries, l'intégration dans la fratrie biologique etc. Comme je le mentionnais, je n'envisage pas d'adopter demain et peut-être même que ça restera un joli projet au fond d'un carton donc mes questions sont purement théoriques et j'ai conscience que d'ici que mon projet se concrétise, s'il se concrétise, le paysage de l'adoption (procédures, possibilités) aura changé. Je pose mes questions par simple curiosité pour me faire une idée.

Venons-en au vif du sujet : j'ai une fille biologique de 14 mois et je suis enceinte. J'ai une approche de la maternité assez "alternative", certains diront "nature", "hippie", d'autres seront moins sympas ("rétrograde", "moyenâgeuse", "laxiste", "irresponsable", "nocive"). Bref, une approche qui pour beaucoup paraît saine et pour beaucoup laisse perplexe voire rend hostile. Je vois rarement des témoignages de parents qui font des choix de parentalité atypiques ou alors ils n'en parlent pas dans leur récit qui se stoppe généralement quelques semaines après l'arrivée du/des enfants. Je me dis que c'est l'endroit pour venir poser mes questions.

Après je suis pas non plus une maman extrémiste hein. Pour vous donner une idée, pour l'instant j'ai le "package complet" de la maman écolo-bobo cliché : allaitement non écourté (11 mois pour ma fille, c'est pas un allaitement non écourté mais d'ici là, je me serai "rattrapée"), couches lavables / sans couche, chambre minimaliste style Montessori, cododo.

La question qui me pré-occupe le plus : la scolarisation. Pour mes enfants bio je ne me pose pas la question : ce sera Instruction en Famille à moins que je ne sois totalement dépassée ou que quelque chose de grave se passe qui empêche l'IEF (problème de santé, mal-être de l'enfant ou de moi, etc.). Mais dans le cas d'un enfant adopté, il y a un suivi après l'adoption, est-ce que l'IEF n'attire pas les foudres des services sociaux ou autres ? Et même avant d'adopter, simplement pour avoir l'agrément, est-ce que ça risque de coincer l'IEF si les enfants bios sont tout à fait à l'aise dans leurs baskets avec des rapports positifs de l'Inspection Académique ? Je me dis qu'avec un enfant adoptif la question de l'IEF doit être considérée comme avec chaque enfant bio mais certainement avec encore plus de variables qui entrent en compte pour considérer le bien-être de l'enfant (scolarisation passée, niveau scolaire, lacunes, mal-être, intérêt pour l'école, etc.). C'est aussi le cas pour tous les autres choix "alternatifs" qu'on peut vouloir faire : il ne s'agit pas pour moi de vouloir faire absolument selon un idéal donné ou de vouloir faire pour mes enfants adoptifs 100% comme pour mes enfants bios. Si un jour j'adopte, j'adopte un individu, pas un concept donc j'envisagerai toujours l'intérêt de cet enfant en particulier.

Concernant la sociabilisation, je me doute que ça va venir sur le tapis mais je ne souhaite pas démarrer un débat concernant l'IEF. La sociabilisation des enfants en IEF n'est pas problématique (c'est bien souvent le contraire mais ne généralisons pas, ni dans un sens, ni dans l'autre).

Selon vous, est-ce que des choix de parentalité atypiques peuvent être discriminant pour l'obtention d'un agrément ? Plus tard dans la procédure ? Est-ce que ça peut poser problème après l'adoption ? Avez-vous des témoignages concrets ?

Patricia01
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Re: Adoption et parentalité "de hippie"

Message non lu par Patricia01 » mar. 26 mars 2019 12:50

Ça dépend un peu des idées préconçues des travailleurs sociaux que vous rencontrerez...

L'IEF est un atout à l'arrivée de l'enfant : ce n'est pas bon de le scolariser tout de suite, passer 6 mois - 1 an en famille auparavant est préférable.
Mais ensuite... Et bien, ça permet de s'adapter bien mieux aux spécificités de l'enfant, et les enfants adoptés arrivent généralement avec des carences qui peuvent rendre difficile l'insertion en milieu scolaire standard. Personnellement, je regrette de n'avoir pas eu le cran de passer en IEF pour ma fille quand on a pris conscience de son handicap, je suis sûre qu'on aurait mieux avancé. En même temps, je n'avais pas franchement envie d'arrêter de bosser, j'aime mon métier (je suis prof, justement :p). Pour un enfant qui n'a pas de difficulté particulière, ça me semble dommage.

Donc évidemment, ils vont vouloir creuser la question , au niveau de la sociabilisation : vos enfants vivent-ils dans une bulle ? Avez-vous ménagé d'autres occasion de sociabilisation pour qu'ils apprennent à s'intégrer avec des personnes différentes, n'ayant pas le même vécu, les mêmes valeurs ? Sauront-ils plus tard s'intégrer dans une société, un travail, où ça ne sera plus du sur-mesure ? Ils vont forcément chercher à en savoir plus, il faut vous y préparer.
Par contre, si toute la famille est en IEF, ça parait logique que les enfants adoptés le soient également, donc ils ne vous reprocheront pas de faire le même choix pour eux que pour les autres.
Et je sais qu'il existe d'autres familles adoptantes qui ont fait ce choix (j'en ai rencontré sur le groupe yahoo aparticularités)
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 14 et 10 ans

Maman Chèvre
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Re: Adoption et parentalité "de hippie"

Message non lu par Maman Chèvre » mar. 26 mars 2019 19:52

Bonjour Patricia01,

Merci pour votre réponse très ouverte. Effectivement, oui, je me doute que ça dépend des interlocuteurs. Me concernant, je travaille à distance dans l'informatique et de manière très flexible ce qui me permet de m'occuper de ma fille à temps complet. C'est un rythme de vie qui me convient et donc ça ne me demandera pas de sacrifice (surtout qu'à terme j'aimerais diminuer encore mes horaires de travail voire ne plus travailler mais pour l'instant nous devons faire des économies et j'ai encore des formations à faire pour avoir un bon salaire).

Vous dites que pour un enfant qui n'a pas de difficulté particulière cela vous paraît dommage de faire l'IEF, j'ai bien compris cette phrase ou je l'ai mal interprétée ? Il me semble que l'IEF est un choix logique pourtant. Dans la mesure où je peux et veux assurer le rôle de "parent-instructeur" je pense que c'est une bonne chose que ce soit pour un enfant "à particularité" ou "sans particularité". C'est vrai que l'un des gros avantages de l'IEF c'est que c'est du sur mesure ce qui est très bien pour combler des lacunes ou travailler sur des points particuliers (acquisition de la langue française, vivre ensemble, retard psychomoteur...).

Pour la sociabilisation, c'est aussi du sur mesure : l'enfant se sociabilise à petite ou haute dose selon son désir et n'est pas obligé de supporter des interactions sociales régulières avec des gens qu'il n'apprécie pas (camarades de classes, enseignants...). Par contre, l'enfant est exposé à la vie sociale du "monde des adultes" et apprend à vivre en société "en direct" au quotidien avec un certain nombre de contraintes (le fameux vivre ensemble).

Je ne pense pas que ce "sur mesure" donne pour autant de "mauvaises habitudes" pour la suite. Quand je vois des témoignages d'adultes qui ont fait l'IEF jusqu'à un niveau avancé (collège / lycée), j'ai plutôt l'impression que quand ils sont arrivés au lycée, sur les bancs de la fac ou dans la vie active, ils avaient une très grande assurance et une autonomie qui leur a permis une adaptation et une intégration assez rapides. Chaque enfant est différent, certains sont plus introvertis, d'autres carrément extravertis mais j'ai l'impression que pour la plupart des enfants, une sociabilisation "sur mesure" est bénéfique.

Après, c'est clair qu'en tant que parent derrière faut assurer et pas se cacher derrière des grands discours. Pour ma fille que je ne mets ni à la crèche ni chez qui que ce soit, je m'assure depuis ses un an (et même avant en fait) qu'elle ait des interactions sociales avec des enfants de son âge et des personnes de tous âges. Nous faisons des activités classiques telles que les bébés nageurs mais aussi je sors de ma propre zone de confort (je suis asociale à la base) pour rencontrer d'autres familles, faire des sorties etc. Il me semble que ça partie du rôle de parent-instructeur et de parent tout court.

Patricia01
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Re: Adoption et parentalité "de hippie"

Message non lu par Patricia01 » ven. 29 mars 2019 18:27

(pour répondre à l'autre post : tutoiement ou vouvoiement, je m'en fiche... quand je dis vous c'est souvent pour le couple, sinon je dis tu!)

Mon post ici n'avait pour but que d'essayer de refléter les arguments probables des travailleurs sociaux : il faut savoir s'y préparer
(et étant moi aussi un peu asociale sur les bords, et mon conjoint un peu ours, je dois dire que ça m'aurait coûté de devoir chercher le contact avec d'autres familles, c'est quelque chose qui aurait vite été secondaire...)

Pour rebondir concernant les interactions sociales : je suis prof dans le privé, en lycée (auparavant en collège), et j'ai parfois eu des élèves qui n'ont pas été scolarisé en milieu ordinaire jusque-là (soit qu'ils aient eu une école particulière privée, soit qu'ils aient un cursus IEF).... et ils sont souvent assez différents, dans leurs attitudes, des ados "de base" que j'ai en face de moi la plupart du temps (qui peuvent être vraiment très très lourds entre 12 et 16 ans...). Parfois l'adaptation se fait bien, parfois, c'est plus rude. Je pense qu'en fin de lycée et fac, c'est plus simple, mais il y a des années un peu difficiles... Il faut en être conscient.
Je ne voulais pas parler de mauvaises habitudes en l'occurrence (un enfant qui sort d'IEF sera plutôt plus agréable !), mais plutôt de carapace à se forger, pour savoir prendre du recul devant certains comportements des autres...
Patricia, maman de deux petites filles chocolat et miel (Ethiopie/Vietnam) de 14 et 10 ans

Maman Chèvre
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Re: Adoption et parentalité "de hippie"

Message non lu par Maman Chèvre » sam. 30 mars 2019 14:51

Bonjour !

Je comprends tout à fait, c'est une remarque pertinente de ce point de vue là, c'est sûr.

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